ARGUMENT.
M. Wou, en voyant la lettre, répond pour l'ami qui lui est recommandé.
Blanche se marie dans une hôtellerie.
Des fées lui ont fait commettre un crime; il retombe de nouveau dans les piéges des fées.
Le ciel avait arrêté son mariage depuis des siècles; et il était dans sa destinée de s'attirer tous ces malheurs.
Les deux époux imitent, par un heureux accord, l'harmonie du Kîn et du Ché, et renouent leurs premières amours.
Grâces à leur industrie, ils réussissent dans leur commerce, et se livrent aux transports de la joie.
Han-wen partit avec les gendarmes, et marcha en se dirigeant vers Sou-tcheou; il s'arrêtait de temps en temps pour boire et manger, dormait la nuit; et se remettait en route dès que le jour était venu. Ils arrivèrent bientôt à Sou-tcheou.
Les gendarmes allèrent présenter leur mandat à la ville de Wou-bien. Le gouverneur en ayant pris connaissance, exila Hân-wen à la poste Siu-kiang; ensuite, il écrivit sa réponse officielle, adressée au magistrat de qui il relevait, et la remit aux gendarmes que nous laisserons retourner dans la province de Tché-kiang.
Hân-wen étant arrivé à sa destination, rendit visite au chef de la poste et alla prendre du repos. Le lendemain, il se leva de bonne heure, pesa une once d'argent et l'offrit à ce magistrat. Ce cadeau de Hân-wen lui inspira des dispositions bienveillantes, et il ne songea nullement à gêner sa liberté.
Hân-wen prit la lettre de M. Wang, sortit de la maison, et alla dans la rue de Wou-kia pour demander la pharmacie de M. Wou. Il le trouva et lui remit la lettre. Quand M. Wou l'eut ouverte et examinée un instant, il pria Hân-wen d'entrer dans le salon, et le fit asseoir auprès de lui, à la place fixée par les rites.
«Monsieur Hân-wen, lui dit-il, puisque mon ami intime, Fong-chân, m'écrit cette lettre pour me prier de prendre soin de vous, vous pouvez compter sur tout l'intérêt que m'inspire cette haute recommandation.»
Hân-wen se leva pour le remercier, et se disposa à partir; mais M. Wou le retint à dîner. Hân-wen ne put se refuser à cette invitation. Pendant le repas, M. Wou le pria de lui raconter en détail tout ce qui lui était arrivé. Hân-wen répondit franchement à toutes les questions de M. Wou, que ce récit remplit d'une tristesse difficile à décrire.