Un vieux domestique vint ouvrir, et lui dit: «C'est ici. Qui êtes-vous? quelle importante affaire vous engage à demander sa Seigneurie?

—Monsieur Wou de Sou-tcheou, lui répondit Hân-wen, m'a confié une lettre qui est destinée à votre maître.» En disant ces mots il tire la lettre de sa manche, et la remet au vieux domestique, qui va la porter dans l'intérieur de la maison.

Ce jour-là, M. Siu était assis tranquillement dans le salon. Le vieux domestique entre, et lui présente à deux mains la lettre: «Voici, dit-il à son maître, une lettre que M. Wou de Sou-tcheou désire vous faire remettre.»

M. Siu prit la lettre, et quand il l'eut ouverte et examinée un instant, il rappela le domestique: «Où est la personne qui a apporté cette lettre? lui demanda-t-il avec vivacité.

—Elle est à l'entrée de la porte,» répondit le vieux domestique.

M. Siu sort pour aller recevoir Hân-wen, et rentre avec lui dans le salon. Quand ils se furent assis à la place marquée par les rites, et qu'ils eurent pris le thé: «Je sais le motif de votre visite, lui dit M. Siu; vous pouvez, monsieur, tranquilliser votre esprit et bannir toute inquiétude.

—Monsieur, lui dit Hân-wen en le saluant avec respect, je me repose entièrement sur votre appui, et si vous daignez me sauver, je serai pénétré pour vous d'une reconnaissance sans bornes.

—C'est mon devoir! c'est mon devoir! s'écria M. Siu.» Sur-le-champ il écrivit une caution, prit dix onces d'argent, et sortit avec Hân-wen. Il se rendit au relai de Siao-yong, et quand il eut vu le directeur, il lui expliqua le but de sa démarche; puis il lui présenta la caution écrite, et les dix onces d'argent.

Le directeur reçut l'argent, et laissa éclater dans ses yeux la joie que lui causait ce cadeau.

M. Siu ordonna à un domestique de remporter les effets de son ami. Ensuite il prit congé du directeur et s'en retourna avec Hân-wen. Aussitôt qu'il fut arrivé, il fit balayer son cabinet d'étude, qui devait devenir la chambre à coucher de Hân-wen.