Dès ce moment les deux époux continuèrent à s'aimer comme auparavant, et Hân-wen reprit sa première profession de pharmacien. Cette reconnaissance donna lieu à beaucoup d'événements. Une rencontre subite remplit l'âme du plus vif amour. Si vous désirez savoir ce qui arriva ensuite, lisez le chapitre huitième.

NOTES:

[26] La moitié d'un liang, ou 3 fr. 75 c. de notre monnaie.


[CHAPITRE VIII]

ARGUMENT.

Siu-kien est épris de Blanche, et cherche un stratagème pour la posséder.

Lorsque M. Siu était allé, avec Hân-wen, à la pharmacie de la rue des Trois-branches, il avait vu Blanche, qui était douée d'une rare beauté, et en était devenu follement épris. Rentré chez lui, il ne faisait que penser à elle du soir au matin, et poussait sans cesse de profonds soupirs. Tchin-chi, sa femme, lui demanda souvent le sujet de sa tristesse, mais elle n'obtint aucune réponse. Au bout de quelques jours, il tomba malade et fut obligé de se mettre au lit; tout son corps était en feu. Il prit des médicaments, mais ce fut en vain. La maison entière était en émoi, et l'on ne savait plus quel parti prendre. Il y avait un domestique nommé Laï-hing, qui avait accompagné son maître avec Hân-wen, et qui savait le secret de sa maladie. Un jour il était tristement assis au bas de l'escalier, et disait en soupirant: «Lorsqu'on n'adore pas le Pousa (le dieu) qu'on a devant les yeux, il faut adorer le Bouddha qui habite le ciel d'Occident.» Comme Tchin-chi sortait en ce moment, elle remarqua ces paroles qui vinrent frapper son oreille. «Laï-hing, demanda-t-elle au domestique, que veux-tu dire par ces mots: «Si l'on n'adore pas le Pousa qu'on a devant les yeux, il faut adorer le Bouddha qui habite le ciel d'Occident?»

—Hélas! madame, s'écria Laï-hing, la maladie de M. Siu est une maladie qu'il s'est donnée lui-même.

—Qu'entendez-vous, repartit Tchin-chi, par une maladie qu'il s'est donnée lui-même? Parlez, je vous écoute.»