Après avoir lu ces vers, M. Siu pencha tristement la tête et tomba dans un abattement profond. Tchin-chi s'efforça de le consoler, et défendit aux domestiques de divulguer au dehors ce qui venait de se passer. Seulement elle ignorait où s'était enfuie Blanche, et elle craignait que Hân-wen ne vînt la chercher dans sa maison. Elle ne pouvait se défendre d'une vive inquiétude. Cependant plusieurs jours s'étant passés sans que Hân-wen vînt demander sa femme, elle commença à se tranquilliser.
Cet événement guérit M. Siu de sa folle passion. Si vous désirez savoir ce qu'était devenue Blanche, lisez le chapitre neuvième.
[CHAPITRE IX.]
ARGUMENT.
Hân-wen étant allé se promener sur la Montagne-d'Or, Fa-haï veut le délivrer de l'obsession des deux Fées.
Revenons maintenant à Blanche. Au moment où Siu-kien vint pour ouvrir les rideaux du lit, elle se rendit invisible, et s'en retourna chez elle. Le jour commençait déjà à s'obscurcir. Hân-wen fut rempli de surprise en la voyant. «Chère épouse, lui dit-il, comment se fait-il que vous reveniez à pied?»
Blanche se garda bien de dire un mot du tour qu'elle venait de jouer à son ami. «Mes porteurs de chaise se sont égarés au milieu du chemin, lui répondit-elle en riant; je les ai laissés là, et je m'en suis revenue à pied. Je suis toute fatiguée du voyage que j'ai fait.
—En ce cas, lui dit Hân-wen, entrez promptement dans votre chambre, pour prendre le repos dont vous avez besoin.»
Blanche entra lentement dans sa chambre, et quand elle se vit seule avec sa servante, elle lui raconta tout ce qui s'était passé. La petite Bleue ne put s'empêcher de rire aux éclats de la mésaventure de Siu-kien.