—C’est l’usage, et une mère ne passe pour avoir bien rempli son devoir maternel que quand, vaille que vaille, elle a marié tous ses enfants.
—Votre société française est singulière, en vérité! Donc, pour vous conformer à l’usage, vous, ma chère Marguerite, à qui j’ai vu de tout autres idées, vous vous mariez seulement pour en finir, ainsi que vous disiez tout à l’heure. Et quel homme est celui que vous devez épouser?
—Je ne sais trop, répondit nonchalamment Marguerite.
—Est-il beau?
—Voilà bien une question d’Anglaise. Non, il n’est ni beau ni laid.
—Est-il jeune?
—Ni vieux ni jeune, trente-trois ans à peu près.
—Est-il riche?
—Non, je dirai qu’il n’est ni riche ni pauvre, si ce n’est qu’il n’est vraiment pas assez riche à beaucoup près pour vivre dans la haute société, dans laquelle son mariage va le placer, et qu’il faudra nécessairement que nous passions ensemble beaucoup de temps à la campagne, non pour y avoir une belle et large existence comme on la mène en Angleterre, mais pour y vivre mesquinement pendant huit mois, afin d’en passer quatre à Paris convenablement.
—A-t-il de l’esprit pour défrayer tout ce long temps que vous passerez ensemble éloignés du monde?