—Je vous trouve encore plus charmante cette année.
—C’est possible, mais il y a huit ans qu’on me voit, et cela me fait perdre infiniment de valeur; enfin, n’importe! aux premiers moments de mon apparition j’eus, comme dirait ma mère, le bonheur de plaire au jeune prince héréditaire de N...
—Le prince Frédéric de N...! répéta Diana d’un ton assez singulier. Une rougeur rapide passa sur son visage et la laissa très pâle.
—Lui-même; ses assiduités furent assez marquées pendant tout l’hiver.
—Et vous plaisaient-elles? reprit Diana du même ton...., il passe pour.... très agréable.
—Elles ne me déplaisaient pas, parce qu’elles me mettaient à la mode.
—Seulement pour cela?
—Oui, car il est très blond, et je n’aime point un homme blond.
—Allons, allons, c’est une bonne raison, dit Diana en riant à demi.
—Quant à ma mère, elle était d’une joie contenue, digne et pleine de convenance dans le monde, mais qui éclatait parfois dans l’intérieur.