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LA LIONNE.

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Mademoiselle de Verneuil avait dix-huit ans, et son entrée dans le monde datait déjà de deux années, lorsqu’un beau jour son père lui dit:

—Ma chère Alix, il est temps que tu te maries; je n’ai rien négligé pour ton éducation; tu as eu les meilleurs maîtres de Paris, et voilà deux ans que je te mène dans le monde, où je n’étais guère allé depuis mon veuvage. J’ai rempli avec exactitude tous les devoirs d’un bon père, et je veux couronner l’œuvre en t’établissant convenablement. Tu es jolie, tu as des talents, je te donne cent mille écus de dot et je t’en laisserai le double, le plus tard possible, il est vrai; mais enfin tu es ma fille unique, et tu auras toute ma fortune. Avec cela tu peux choisir, et je ne prétends gêner ni ton goût ni ton inclination. Dans quelques jours nous reprendrons cet entretien, et je te demanderai si tu as distingué quelqu’un.

Alix, qui était d’un caractère franc, ouvert et décidé, répondit aussitôt:

—Pourquoi remettre ce qui peut se dire tout de suite? J’ai déjà distingué un jeune homme, M. Armand Dureynel.