Note 635: Guieur. Conducteur. D'où, guide.
Note 636: Le texte latin est mal rendu: «Alius tamen rex tempore
ipsius in Britanniâ erat.»—Arastanes. «Adelstanes.»
Note 637: Estous l'Escot. Le texte latin porte: Salomoni, Socius
Estulli.
Note 638: Le manuscrit de Notre-Dame ajoute à l'article d'Ogier: «De quo usquè in hodiernum diem vulgò canitur; quia innumera fecit mirabilia.» Ces merveilles ne se rattachent pas à l'expédition d'Espagne, dans laquelle Ogier le Danois ne tint que le second rang, mais aux exploits précédents, dont les Chansons de geste sont remplies. Au reste, ce passage suffisoit pour prouver que l'auteur de cette relation d'Espagne n'étoit pas contemporain de Charlemagne. Mais, d'un autre côté, comme il écrivoit certainement avant le XIIème siècle, il faut en conclure qu'au XIème les poèmes vulgaires sur Ogier étoient fort célèbres en France. Les autres manuscrits de Turpin et les imprimés rapportent cette réflexion, avec moins de probabilité, au comte de Nantes Oël; la traduction renfermée dans le bon manuscrit 7871 porte: «Ogier de Danemarche, dont on chante et chantera toz jorz des grans proccesque il fist.» Bernart de Nubles. —Variante: Berard de Meilli.—Latinè: Bernardus de Nublis.
V.
ANNEE: 800.
Coment Agoulant vint parler à Charlemaines en trèves; de leurs paroles et de leur disputoison. Coment ils repristrent bataille autant contre autant, et coment les Sarrasins furent tousjours desconfis; coment Agoulant vint à Charlemaines pour baptesme recevoir; coment il s'en parti mal paié pour les povres que il vit mengier en bas; et puis coment il prist jour de bataille à lendemain.
Puis que trèves furent données et ce vint à lendemain, Agoulant issit de la cité, luy et sa gent; de lès la ville laissa son ost; soixante des plus hauls de ses hommes prist, et vint à Charlemaines qui estoit à un mille de la cité. Les osts des Crestiens et des Sarrasins estoient logiés en un trop biau plain et trop grant, assez près de la cité. Si avoit bien six milles de long et de lés. En mi estoit le chemin de Saint-Jacques qui les deux osts devisoit, et quant Agoulant fu devant Charlemaines, il[639] luy dist en telle manière:
«Es-tu ce Agoulant qui ma terre m'a tollue par tricherie et par desloyauté? Je avois conquise Gascongne et Espaigne à l'aide nostre Seigneur, et les avois convertis à la foy crestienne; les rois et les princes avois soubmis à ma seigneurie et à mon empire, et tu as mes Crestiens occis, et mes cités et mes chastiaux pris, et la terre dégastée par feu et par occision, tandis comme j'estoie retourné en France. Pour laquelle chose je me plaing moult durement.»
Note 639: Il. Charlemaines.