Lors prist Rollant son ost, et ala délivrer son oncle en la terre des
Thioys[712]; ses ennemis desconfist et enchaça, et délivra son oncle de
leurs mains, par la vertu et par la grace de nostre Seigneur
Jhésu-Crist[713].
Note 712: Thioys. Allemands.
Note 713: Ici finit la relation du Turpin, dans le manuscrit de
Notre-Dame.
On lit à la suite (f° 34, r°):
«Amen.
Qui legis hoc carmen Turpino posce veniam
Ut pletate Dei subveniatur ei.»
Vient ensuite le récit de la mort de l'archevêque, et puis le fond de
notre chapitre 10, qui manque dans les traductions françoises de
Turpin et qui n'avoit pas été fait pour être confondu avec lui.
X.
ANNEE: 800.
De ce qui avint en Espaigne long-temps après la mort Charlemaines: coment l'aumacour de Cordes se vanta qu'il conquerroit toute Espaigne. Son ost assembla, et fist moult de dommages en la terre, puis s'en ala tout espoenté par les miracles que il vit.
Cy endroit nous convient mettre en mémoire ce qui advint en la terre de
Galice après la mort de Charlemaines.
Long-temps après fu le païs en paix, quant un prince sarrasin qui estoit aumacour de Cordes s'esmut par l'aatisement[714] du diable, et se vanta qu'il conquerroit la terre d'Espaigne et de Galice que Charlemaines avoit tollue à ses prédécesseurs. Si revint de rechief à la loy païenne qu'il avoit renoiée et guerpie; ses osts assembla, la terre et le païs destruist et gasta en divers lieux, et vint à la cité de Compostelle, là où le corps monseigneur saint Jacques repose.