«Irkoutsk, 7-1.

»Soulkowski quitta 28 juillet Rodgers, qui partit Terre Herald. Jusque-là étaient ensemble. Baie Providence arriva autre goëlette américaine dont l'équipage raconta avoir vu Herald bateau brisé avec passagers morts, cuillers trouvées avec initiales Jeannette. Rodgers hivernera Herald, d'où enverra nouvelles par Chine.»

Mais la véracité de cette dépêche fut aussitôt révoquée en doute. Le correspondant du Herald à Saint-Pétersbourg télégraphiait le même jour à son journal:—«N'attachez aucune importance aux canards expédiés de Saint-Pétersbourg à une agence de nouvelles, relatifs à la prétendue découverte d'un canot contenant des cadavres et quelques cuillers portant les initiales de la Jeannette. Cette découverte aurait eu lieu le 10 août. Absolument aucune nouvelle concernant la Jeannette n'a été reçue, soit par le gouvernement russe, soit par le général Anoutchine. Ce dernier a télégraphié de nouveau que les détails les plus minimes d'information, au sujet du navire ou des naufragés, lui soient envoyés sans retard. On lui a répondu qu'il avait reçu tout ce qu'on avait pu recueillir de nouvelles jusqu'à ce moment.»

Au reste, aucun renseignement important ne devait arriver de sitôt.

Le 11 janvier, le correspondant, à Saint-Pétersbourg, télégraphiait au New-York Herald:

«Les premières nouvelles reçues d'Yakoutsk, depuis le 20 décembre, sont arrivées ce matin, en réponse aux ordres donnés, soit par l'empereur, soit par le comte Ignatieff, soit par le général Anoutchine. On doit se rappeler que la ligne télégraphique se termine à Irkoutsk, et que, de cette ville à Yakoutsk, la distance est de 2,118 verstes, c'est-à-dire plus de 1,800 milles. C'est donc un voyage de 3,600 milles, aller et retour, qu'il faut faire au milieu des neiges, et qui demande vingt jours.

»Voici ce que le général Anoutchine me transmet par le télégraphe:

«Aucune nouvelle directe de la Jeannette. En vertu des instructions que j'ai télégraphiées, les habitants du littoral des gouvernements d'Yakoutsk et d'Yénisséï ont été informés du naufrage et invités à rechercher, avec toute l'activité possible, les naufragés qui n'ont pas encore été trouvés.

»Général Anoutchine.»