À ces nobles paroles de Viçvâmitra et de Vaçishtha, le roi Djanaka, joignant ses mains, répondit en ces termes aux deux éminents solitaires: «Vos Révérences nous ont démontré que les généalogies de nos deux familles sont égales: qu'il en soit comme vous le désirez! Ainsi, de ces jeunes vierges, filles de Kouçadhwadja, mon frère, je donne l'une à Bharata et l'autre à Çatroughna. Je sollicite même avec instance une prompte alliance, d'où naisse la joie de nos familles.»

Daçaratha charmé répondit en souriant à Djanaka ces paroles affectueuses, douces, imprégnées de plaisir: «Roi, goûte le bonheur! que la félicité descende sur toi! Nous allons dans notre habitation faire immédiatement le don accoutumé des vaches et les autres choses que prescrit l'usage.»

Après cet adieu au roi qui tenait Mithilâ sous sa loi, Daçaratha, cédant le pas à Vaçishtha et marchant à la suite de tous les autres saints anachorètes, sortit de ce palais. Arrivé dans sa demeure, il offrit d'abord aux mânes de ses pères un magnifique sacrifice; puis ce monarque, plein de tendresse paternelle, fit les plus hautes largesses de vaches en l'honneur de ses quatre fils. Cet opulent souverain des hommes donna aux brahmes cent mille vaches par chaque tête de ses quatre fils, en désignant individuellement chacun d'eux: ainsi, quatre cent mille vaches, flanquées de leurs veaux, toutes bien luisantes et bonnes laitières, furent données par ce descendant auguste de l'antique Raghou.

Dans l'instant propice aux mariages, Daçaratha, entouré de ses quatre fils, déjà tous bénis avec les prières, qui inaugurent un jour d'hyménée, tous ornés de riches parures et costumés de splendides vêtements, le roi Daçaratha, devant lequel marchaient Vaçishtha et même les autres anachorètes, vint trouver, suivant les règles de la bienséance, le souverain du Vidéha, et lui fit parler ainsi:

«Auguste monarque, salut! nous voici arrivés dans ta cour, afin de célébrer le mariage: réfléchis bien là-dessus; et daigne ensuite ordonner que l'on nous introduise. En effet, nous tous, avec nos parents, nous sommes aujourd'hui sous ta volonté. Consacre donc le nœud conjugal d'une manière convenable aux rites de ta famille.»

À ces paroles dites, le roi de Mithilâ, habile à manier le discours, fit une réponse d'une très-haute noblesse, au monarque des hommes: «Quel garde ai-je donc ici placé à ma porte? De qui reçoit-on l'ordre ici? Pourquoi hésiter à franchir le seuil d'une maison, qui est la tienne! Entre avec toute confiance! Brillantes comme les flammes allumées du feu, mes quatre filles, consacrées avec les prières qui inaugurent un jour de mariage, sont arrivées déjà au lieu où le sacrifice est préparé.—Je suis tout disposé: je me tiens devant cet autel pour attendre ce qui doit venir de toi: ne mets plus de retard au mariage, prince, qui es l'Indra des rois! Pourquoi balances-tu?»

Ce discours du roi Djanaka entendu, aussitôt Daçaratha fit entrer Vaçishtha et les autres chefs des brahmes. Ensuite, le roi des Vidéhains dit au vaillant rejeton de l'antique Raghou, à Râma, de qui les yeux ressemblaient aux pétales du lotus bleu: «Commence par t'approcher de l'autel. Que cette fille de moi, Sîtâ, soit ton épouse légitime! Prends sa main dans ta main, digne rameau du noble Raghou.

«Viens, Lakshmana! approche-toi, mon fils; et, cette main d'Ourmilâ, que je te présente, reçois-la dans ta main, suivant les rites, auguste enfant de Raghou.»

Lui ayant ainsi parlé, Djanaka, la justice en personne, invita le fils de Kêkéyî, Bharata, à prendre la main de Mândavî. Enfin, Djanaka adressa même ces paroles à Çatroughna, qui se tenait près de son père: «À toi maintenant je présente la main de Çroutakîrtî; mets cette main dans la tienne.

«Vous possédez tous des épouses égales à vous par la naissance, héros, à qui le devoir commande avec empire; remplissez bien les nobles obligations propres à votre famille, et que la prospérité soit avec vous!»