Mgr Olteanu, évêque de Gran-Varadin (Hongrie); Mgr Corona, évêque de Saint-Louis de Potosi; Mgr Hillion, évêque du cap Haïtien.
ÉTATS-UNIS.
L'affaire du Virginius vient d'entrer dans une phase nouvelle et assez imprévue; ce sont maintenant les États-Unis qui font droit aux susceptibilités de l'Espagne.
On sait que, d'après la convention relative au Virginius le gouvernement espagnol devait prouver avant le 25 décembre, à la satisfaction des États-Unis, que ce vaisseau n'avait pas le droit de porter le pavillon américain, et qu'ainsi il avait été légalement saisi. D'après une dépêche de Washington, le procureur général des États-Unis a admis la preuve comme valable, le Virginius n'ayant obtenu ses papiers qu'au moyen d'un faux témoignage. Le cabinet de Washington s'est déclaré prêt à accepter les conséquences de ce fait.
Nous ne savons encore quelles en seront toutes les conséquences, mais il est certain que la décision du procureur général des États-Unis est un véritable succès pour le gouvernement de M. Castelar et qu'elle fait le plus grand honneur à l'impartialité de la magistrature américaine.
COURRIER DE PARIS
Celui qui céderait au désir de faire l'oraison funèbre de l'année n'aurait pas à se donner beaucoup de peine. Il lui suffirait de quelques mots, genre sombre. Cette année est de celles qu'on ne regrette pas. A-t-elle été assez absurde! S'est-elle montrée assez maussade, assez ennuyeuse, assez ennuyée! Elle a vu s'opérer deux ou trois révolutions parlementaires aussi insipides qu'elle-même. Pendant sa durée, Paris a reçu la visite d'un prince d'Orient, couleur de suie, tout couvert de diamants mais qui ne donnait que des salamalecks. L'hippopotame du Jardin des Plantes a succombé à des peines de cœur; M. Ernest Renan a fait paraître l'Antéchrist; trois académiciens sont morts; le chapeau des femmes a redoublé de bizarrerie; un grand théâtre a brûlé; un vilain procès s'est dénoué, très-peu flatteur pour nous tous; enfin, en guise de couronnement, il nous est arrivé une charretée de monstres.
Tel est le bilan de 1873.
Mil huit cent soixante-treize vient de rendre le dernier soupir ou peu s'en faut. Eh bien, regardons devant nous; là est l'espérance. Quel lendemain nous attend? L'avenir est riche de promesses; c'est un capitaliste qui a son portefeuille plein de lettres de change. Déjà la nouvelle année, celle qui commencera dans quatre jours, semble vouloir ne ressembler en rien à sa devancière. On a beau dire que le commerce ne va pas, elle a l'air de lui forcer la main. Quelle foule dans les rues! L'argent, qui est de retour, vous le savez, circule tout le long de la ville. Personne n'a les mains vides; chacun porte son sac de bonbons ou son polichinelle.
Le baraquement des boulevards n'a plus rien de sa rusticité originelle; on a encore enjolivé sa mise en scène. Seulement il abuse du jouet de l'année, un affreux poussah qu'on nomme l'Oncle Sam et qui rappelle trop l'auteur de la pièce de ce nom. Partout ailleurs, de longues files de boutiques ambulantes s'établissent sur les trottoirs; c'est à peine si l'on peut marcher au milieu de cet encombrement.--Nous rencontrons M. de Laboulaye, occupé à acheter un cornet de pralines, sans doute afin d'adoucir quelqu'un de ses voisins de la Chambre. L'honorable pamphlétaire dit tout haut: «--Ah! dame, nos mœurs deviennent américaines. La démocratie coule par ici à pleins bords comme à New-York.»--Presque en même temps le comte Orloff sort d'un bazar, suivi d'un éléphant en baudruche. Des malins s'écrient: «--Il doit y avoir un rébus diplomatique là-dessous. Que veut faire de cet éléphant l'ambassadeur du czar?» Le comte Orloff a à amuser un petit garçon et deux petites filles; voilà toute l'énigme.