Et dans le sillon frais marches doux et pieds nus...

C'est un vrai fils du Rouergue que M. Fabié. Il a le timbre éclatant des laboureurs, ses compatriotes, qui, rentrant le soir avec les chars et les troupeaux, envoient, à une lieue, leur chanson, leur adieu au jour finissant.

Croquis de chasse.

Dans une de ses lettres qui font les délices des honnêtes gens, Pline le Jeune engage un de ses amis à emporter, pour la chasse, des tablettes à écrire. Rien n'excite, dit-il, la pensée comme la solitude; on expérimente que Minerve, aussi bien que Diane, erre sur les montagnes. M. Halleux a suivi le conseil de Pline; il a vécu, en poursuivant longuement les lapins, les faisans et les renards, autant avec Minerve qu'avec Diane. En quels sonnets gracieux, richement rimés, il a rendu les gestes des animaux traqués, les migrations des canards, les retraites des poules d'eau! Qu'on me permette d'extraire des croquis l'Appel du soir, que l'on pourrait nommer aussi le Remords du chasseur:

Le soleil qui décline empourpre l'horizon

Un calme solennel s'élargit sur la plaine,

Et dans le soir limpide, on voit fumer l'haleine

Des lourds chevaux tirant les chars de la moisson.

L'agriculteur se hâte; il sait que la saison

Passe rapidement et devient incertaine.