Le pont de Trilport, près de Meaux, et
l'automobile allemande précipitée dans la Marne.
Des officiers allemands, ignorant que les sapeurs français du génie avaient fait sauter le pont de Trilport, voulurent le traverser dans une automobile lancée à une vitesse de 80 kilomètres à l'heure: l'automobile, après un saut prodigieux, s'abîma dans la rivière. On y a trouvé, avec le corps du chauffeur, ceux d'un capitaine et d'un lieutenant.
ÉPISODES DE GUERRE
On les vit arriver comme un torrent qui déborde sous la poussée d'un orage. Pendant douze heures, ils défilèrent en rangs pressés, venant de la direction de Trilport et de Meaux, cavalerie, infanterie, artillerie. Un des officiers qui les conduisait disait en s'éloignant: «Vous l'avez voulu! C'est vous qui nous avez déclaré la guerre. Dans huit jours, nous serons à Paris, victorieux.» Le surlendemain, ils repassaient par la
Des prêtres parcourent le champ de bataille,
près de Varreddes, en bénissant les morts. même route. Une importante force anglaise, qui les guettait, les attaquait dans la plaine de Pierre-Levée, les culbutait, les rejetait, en déroute, vers Trilport et la Ferté-sous-Jouarre. Adieu, Paris!
Si les habitants conservent la mémoire des corvées qu'il leur fallut, de force, accomplir, comme de pomper de l'eau pour leurs chevaux, des réquisitions auxquelles ils durent obtempérer, et qu'on leur paya en bons--de vrais «chiffons de papier», ceux-là, selon le mot de M. de Bethmann-Hollweg--la terre ne montre pas trop de traces de combat. Ce ne sont point les grands éventrements qu'on imaginerait, les cratères ouverts par les obus. Seulement quelques troncs hachés; dans les
Soldats allemands tombés entre Meaux et
Varreddes, derrière la haie qui les abritait. chaumes, quelques débris, traces du bivouac; au bord de la route, au revers du fossé, des épaulements de terre, et, sous les pommiers, le sol jonché de fruits verts abattus par les rafales du canon,--puis, de-ci de-là, une tombe.