— Rien du tout.
— Par quelle raison ?
— Par une raison fort simple, c’est qu’après-demain ni vous ni moi n’y mettrons les pieds.
— Ni vous ni moi ? fit-elle. La bohémienne a menti de moitié ; j’y serai et je vous attendrai.
M. de Mauserre posa son journal, s’approcha de nous. Je ne sais ce qu’il avait pu saisir de notre conversation. Il dit à Meta de l’air le plus naturel : — Puisque nous sommes tous en joie, il me semble convenable que Lulu en ait sa part. Elle meurt d’envie depuis longtemps de voir le lac Paladru, qui, s’il m’en souvient, est un charmant lac. J’ai décidé, mademoiselle, que nous l’y mènerions après-demain 1er septembre. — Il ajouta d’un ton plus dégagé qu’engageant : — Serez-vous des nôtres, Tony ?
— Assurément.
— Et moi de même, cher père, dit Mme d’Arci.
— Puisqu’on ne m’invite pas, fit à son tour M. d’Arci, je m’invite.
J’écrivis en grosses lettres sur mon papier, que Meta n’avait pas cessé de regarder : « La chiromancie n’est pas un art menteur. »
Quand je me retirai, M. d’Arci courut après moi dans le corridor, et m’ayant tiré par la manche : — Monsieur Flamerin, murmura-t-il à mon oreille, j’aurai demain à vous parler d’une affaire très-sérieuse.