Mme d’Arci, étant allée prendre de ses nouvelles, n’eut pas besoin de l’interroger longtemps pour savoir à peu près ce qui s’était passé. Elle me rencontra une demi-heure après et me dit : — Eh bien ! ce que vous redoutiez le plus est arrivé.

— Oui, lui dis-je ; heureusement nous sommes sans reproche.

— Et maintenant qu’allons-nous faire ?

— Une voie d’eau s’est déclarée ; que chacun apporte son étoupe !

— Vous ne voulez plus agir de concert avec nous ?

— M. d’Arci, lui répondis-je, serait pour moi un allié compromettant ; nous chantons le même air, mais la chanson n’est pas la même. Je vous rends votre liberté, chère madame ; laissez-moi la mienne.

Elle me quitta un peu étonnée de mes allures discrètes.

Quelques heures plus tard, Mlle Holdenis descendit sur la terrasse avec son élève, qui était remise de son indisposition. Elle s’assit sur un banc et la regarda sauter à la corde. Mme d’Arci, qui se promenait au bras de son mari dans une autre partie du jardin, le quitta pour aller droit à Meta et lui demanda la faveur d’un instant d’entretien.

— Chère petite, dit-elle à l’enfant, va jouer un peu plus loin ; nous te rappellerons tout à l’heure.

— Il n’y a qu’une personne qui ait le droit de me commander, repartit Lulu en consultant le visage de sa gouvernante, dont les yeux lui intimèrent l’ordre de s’éloigner. Elle obéit incontinent.