Par moy personne ne l’a sceu,
Et je passerois sous silence
Le suisse avec sa violence,
Et ne parlerois du tout point
De l’excès fait à mon pourpoint ;
Mais icy, pitié je veux faire :
C’est pourquoi je ne m’en puis taire.
En descendant le cours du siècle, nous voyons, s’il est possible, ces catastrophes se multiplier encore. Le decorum imposé par le maître, l’affectation de la dignité extérieure, la protection royale accordée aux lettres, l’élévation des talents, rien ne semble y faire. L’effet en est pourtant réel, mais latent ; il agit lentement dans l’ombre, il marche et se dégage peu à peu, et ce n’est que vers les dernières années du siècle suivant qu’il apparaît enfin nettement en plein soleil.
Chaque médisance, chaque trait satirique, chaque coup de langue, sont punis de la même manière : « Mon petit ami, disait M. de Châtillon à Benserade, le poëte de cour, qui avait chansonné sa femme, s’il vous arrive jamais de parler de madame de Châtillon, je vous ferai rouer de coups de bâton. » Et il l’eût fait comme il le disait : aussi aimé-je à croire que Benserade, en homme encore plus prudent que fat, ne s’exposa point à cette mésaventure : du moins l’histoire n’en parle pas, et Scarron, qui data une de ses épîtres de
L’an que le sieur de Benserade