Und sie hielten vor der Lieben Thüre
Und den armen Kindern gab sie Gaben.
Nodier:
Les coursiers restent immobiles, pendant qu'elle va partager à sa famille chérie quelques bijoux ou quelques vêtements, derniers témoignages de sa tendresse.
Mérimée:
Les chevaux s'arrêtèrent près de la maison, et elle donna des cadeaux à ses enfants.
Il est un autre endroit de la Triste ballade où Mérimée rétablit le vrai sens, mal interprété par ses devanciers; M. Matić ne le cite pas, mais il nous paraît être l'un des plus importants. C'est à la fin même du poème, le dénouement tragique de l'histoire de la noble épouse.
Après avoir chanté la triste scène où la mère morlaque fait des cadeaux à ses enfants qu'elle abandonne, le guzlar termine par ces vers:
Kad to çula Asan-Aghiniza,
Bjelim liçem u zemgliu udarila;
Un pût-se-je s' dusciom raztavila
Od xalosti gledajuch sirota[722].
qui signifient: «Quand l'épouse d'Asan-Aga entendit cela,—de son visage blanc contre terre elle donna,—à l'instant rendit l'âme,—l'infortunée, de la douleur qu'elle eut à regarder [ses orphelins].» Fortis, jugeant que le naïf poète illyrien n'avait pas su tirer tout l'effet possible de cette pathétique situation, transforma la dernière et la plus importante ligne:
Udillo; e cadde
L'afflitta donna, col pallido volto
La terra percuotendo; e a un punto istesso
Del petto uscille l'anima dolente,
Gli orfani figli suoi partir veggendo[723].