[468] Voyez page 380. B.
[469] La Beaumelle dit qu’il fut condamné à une prison perpétuelle. Comment cela pourrait-il être, puisque, l’année suivante, il fut tué au siége de Grave?
[470] Cet usage, qui n’a point été réformé, est ancien, et n’a pu avoir pour origine qu’un enthousiasme exagéré de valeur, et une grande indifférence pour le sort des malheureux bourgeois qu’il dévouait à toutes les horreurs du pillage. Mais depuis que l’art des siéges s’est perfectionné, et qu’on a la précaution de détruire toutes les défenses d’une place avant d’y donner l’assaut, cette condition imposée aux gouverneurs n’est plus regardée que comme une chose de forme; et, de nos jours, un officier qui, prenant une ville d’assaut, la livrerait au pillage, serait aussi déshonoré qu’il l’aurait été dans le siècle dernier pour avoir refusé de servir de second dans un duel. K.
[471] Pendant le cours de cette édition, M. Colini, secrétaire intime et historiographe de l’électeur palatin aujourd’hui régnant, a révoqué en doute l’histoire du cartel par des raisons très spécieuses, énoncées avec beaucoup d’esprit et de sagacité. Il montre très judicieusement que l’électeur Charles-Louis ne put écrire les lettres que Courtilz de Sandras et Ramsay ont imputées à ce prince. Plus d’un historien, en effet, attribue souvent à ses héros des écrits et des harangues de son imagination.
On n’a jamais vu la véritable lettre de l’électeur Charles-Louis, ni la réponse du maréchal de Turenne. Il a seulement toujours passé pour constant que l’électeur, justement outré des ravages et des incendies que Turenne commettait dans son pays, lui proposa un duel par un trompette, nommé Petit-Jean. J’ai vu la maison de Bouillon persuadée de cette anecdote. Le grand-prieur de Vendôme et le maréchal de Villars n’en doutaient pas. Les Mémoires du marquis de Beauvan, contemporain, l’affirment. Cependant il se peut que le duel n’ait pas été expressément proposé dans la lettre amère que l’électeur dit lui-même avoir écrite au prince maréchal de Turenne. Plût à Dieu qu’il fût douteux que le Palatinat ait été embrasé deux fois? Voilà ce qui n’est que trop constant, ce qui est essentiel, et ce qu’on reproche à la mémoire de Louis XIV.
M. Colini reproche à M. le président Hénault d’avoir dit, dans son Abrégé chronologique, que le prince de Turenne répondit à ce cartel avec une modération qui fit honte à l’électeur de cette bravade. La honte était dans l’incendie, lorsqu’on n’était pas encore en guerre ouverte avec le Palatinat, et ce n’était point une bravade dans un prince justement irrité, de vouloir se battre contre l’auteur de ces cruels excès. L’électeur était très vif; l’esprit de chevalerie n’était pas encore éteint. On voit dans les Lettres de Pellisson que Louis XIV lui-même demanda s’il pouvait en conscience se battre contre l’empereur Léopold.—Cette note fut ajoutée par Voltaire dans l’édition de 1768. Cosme-Alexandre Colini, secrétaire de Voltaire, de 1752 à 1756, mort en 1806, avait publié, en 1767, une Dissertation historique et critique sur le prétendu cartel envoyé par Charles-Louis, électeur palatin, au vicomte de Turenne. B.
[472] Voyez tome XVI, page 385.
[473] Voyez, chapitre XXVI (tome XX); et tome XXVIII, page 417. B.
[474] Né en 1611 (voyez page 30), il avait cinquante-sept ans lors de sa conversion. B.
[475] Voyez, dans la Correspondance, la lettre au président Hénault, du 8 janvier 1752. B.