[494] Il est singulier que des ministres osent porter leur mépris pour leur maître jusqu’à lui faire dire que c’est à lui de servir d’exemple; et cet exemple était celui de favoriser chez un de ses voisins la contrebande, qu’il réprimait dans ses états par un code barbare, et de protéger contre les lois les voleurs et les assassins. K.

[495] Joseph Clément: voyez, tome XXIII, page 24. B.

[496] Tome XX, chap. XXXVI, du calvinisme. B.

[497] On trouve, dans la compilation des Mémoires de Maintenon, au tome III, chapitre IV, intitulé: Du roi et de la reine d’Angleterre, un tissu étrange de faussetés. Il y est dit que les jurisconsultes proposèrent cette question: «Un peuple a-t-il le droit de se révolter contre l’autorité qui veut le forcer à croire?» Ce fut précisément le contraire. On s’opposa en Angleterre à la tolérance du roi pour la communion romaine. On agita cette question: «Si le roi pouvait dispenser du serment du test ceux qu’il admettait aux emplois?»

Le même auteur dit que le pape Innocent XI donna au prince d’Orange deux cent mille ducats pour aller détruire la religion catholique en Angleterre.

Le même auteur, avec la même témérité, prétend qu’Innocent XI fit dire des milliers de messes pour l’heureux succès du prince d’Orange. Il est reconnu que ce pape favorisa la ligue d’Augsbourg; mais il ne fit jamais de démarches si ridicules et si contraires aux bienséances de sa dignité. L’envoyé d’Espagne à La Haye fit des prières publiques pour l’heureux succès de la flotte hollandaise. M. d’Avaux le manda au roi.

Le même auteur fait entendre que le comte d’Avaux corrompait des membres de l’état: il se trompe, c’est le comte d’Estrades. Il se trompe encore sur le temps; c’était vingt-quatre ans auparavant. Voyez la lettre de M. d’Estrades à M. de Lyonne, du 17 septembre 1665.

Le même auteur ose citer l’évêque Burnet, et lui fait dire, pour exprimer un vice du prince d’Orange, que ce prince n’aimait que les portes de derrière. Il n’y a pas un mot dans toute l’histoire de Burnet qui ait le moindre rapport à cette expression si basse et si indigne de l’histoire. Et si quelque feseur d’anecdotes avait jamais prétendu que l’évêque Burnet eût laissé échapper dans la conversation un mot aussi indécent, ce témoignage obscur ne pourrait prévaloir contre une histoire authentique.

[498] L’auteur des Mémoires de Maintenon avance que le prince d’Orange, voyant que les États-Généraux refusaient des fonds, entra dans l’assemblée, et dit ces mots: «Messieurs, il y aura guerre au printemps prochain, et je demande qu’on enregistre cette prédiction.» Il cite le comte d’Avaux.

Il dit que ce ministre pénétrait toutes les mesures du prince d’Orange. Il est difficile d’entasser plus mal plus de faussetés. Les neuf mille matelots étaient prêts dès l’an 1687. Le comte d’Avaux ne dit pas un mot du prétendu discours du prince d’Orange. Il ne soupçonna le dessein de ce prince que le 20 mai 1688. Voyez sa lettre au roi, du 20 mai.