Mort en 1713.
Petit (Pierre), né à Paris, en 1617, philosophe et savant. Il n’a écrit qu’en latin. Mort en 1687.
Pezron (Paul), de l’ordre de Citeaux, né en Bretagne, en 1639, grand antiquaire, qui a travaillé sur l’origine de la langue des Celtes. Mort en 1706.
Polignac (Melchior de), cardinal, né au Puy, en Vélay, en 1661, aussi bon poëte latin qu’on peut l’être dans une langue morte; très éloquent dans la sienne; l’un de ceux qui ont prouvé qu’il est plus aisé de faire des vers latins que des vers français. Malheureusement pour lui, en combattant Lucrèce il combat Newton. Mort en 1741[255].
Pontis (Louis de). Ses Mémoires ont été tellement en vogue, qu’il est nécessaire de dire que cet homme, qui a fait tant de belles choses pour le service du roi, est le seul qui en ait jamais parlé. Aussi ses Mémoires ne sont pas de lui; ils sont de Dufossé, écrivain de Port-Royal. Il feint que son héros portait le nom de sa terre en Dauphiné. Il n’y a point en Dauphiné de seigneurie de Pontis. Il est même fort douteux que Pontis ait existé[256]. Le Dictionnaire historique portatif[257], en quatre volumes, assure que ces Mémoires sont vrais. Ils sont cependant remplis de fables, comme l’a démontré le P. d’Avrigni, dans la préface de ses Mémoires historiques.
Porée (Charles), né en Normandie[258] en 1675, jésuite; du petit nombre de professeurs qui ont eu de la célébrité chez les gens du monde; éloquent dans le goût de Sénèque; poëte, et très bel esprit. Son plus grand mérite fut de faire aimer les lettres et la vertu à ses disciples. Mort en 1741.
Puységur (Jacques de Chastenet, maréchal de). Il nous a laissé l’Art de la guerre, comme Boileau a donné l’Art poétique[259].
Quesnel (Pasquier), né en 1634, de l’Oratoire. Il a été malheureux, en ce qu’il s’est vu le sujet d’une grande division parmi ses compatriotes. D’ailleurs, il a vécu pauvre et dans l’exil. Ses mœurs étaient sévères comme celles de tous ceux qui ne sont occupés que de disputes. Trente pages changées et adoucies dans son livre auraient épargné des querelles à sa patrie; mais il eût été moins célèbre. Mort en 1719.
Quinault (Philippe), né à Paris en 1636, auditeur des comptes, célèbre par ses belles poésies lyriques, et par la douceur qu’il opposa aux satires très injustes de Boileau. Quinault était, dans son genre, très supérieur à Lulli. On le lira toujours; et Lulli, à son récitatif près, ne peut plus être chanté. Cependant on croyait, du temps de Quinault, qu’il devait à Lulli sa réputation. Le temps apprécie tout. Il eut part, comme les autres grands hommes, aux récompenses que donna Louis XIV, mais une part médiocre; les grandes graces furent pour Lulli. Mort en 1688.
N. B. Il est rapporté dans les Anecdotes littéraires[260] que Boileau, étant à la salle de l’Opéra de Versailles, dit à l’officier qui plaçait: Monsieur, mettez-moi dans un endroit où je n’entende point les paroles. J’estime fort la musique de Lulli, mais je méprise souverainement les vers de Quinault.