Le peltaste, ainsi nommé de son bouclier, ou pelte, beaucoup moins grand que celui de l’hoplite, était armé plus légèrement ; au lieu de cuirasse, il avait seulement une lame d’une certaine largeur, en fer ou en cuivre, autour de la taille ; point de cnémides ; au lieu de la sarisse, un javelot ou tout au plus une demi-pique. Les peltastes étaient de l’infanterie légère.

Sous les termes de psiles, de gymnètes, il faut entendre une infanterie encore plus légère, sans armure défensive, sans bouclier même, prompte à la course, faite pour escarmoucher, en un mot des tirailleurs. Les frondeurs, les archers, ce qu’on nommait en général les gens de trait, appartenaient à cette catégorie.

Les skeuophores étaient les porteurs ou conducteurs de bagages.

La formation des troupes, du moins au temps de Xénophon, se faisait d’après l’ordonnance lacédémonienne, parce que alors Lacédémone, étant victorieuse, donnait le ton militaire au reste de la Grèce. Cette ordonnance différait beaucoup de l’ordonnance macédonienne qui lui succéda, et quoiqu’on trouve les mêmes termes dans l’une et dans l’autre, on doit les entendre dans des sens différents.

Ainsi, dans l’ordonnance macédonienne, le lochos ou loche n’est qu’une file de la phalange, de huit à seize hommes au plus : dans l’ordonnance lacédémonienne, le loche est un corps de cent hommes, quelque chose comme une de nos compagnies d’infanterie ; de sorte que le lochage, ou chef de loche, qui, chez les Macédoniens, ne se trouvait être qu’un sous-officier, nous dirions volontiers un sergent, était, chez les Spartiates, comme un capitaine chez nous. On verra dans l’Expédition des Dix mille, les lochages jouer un rôle considérable.

Les hypolochages peuvent être considérés comme des lieutenants.

Le loche se partageait en deux pentécosties, ou sections de cinquante hommes, commandées par des pentécontarques, et la pentécostie, en deux énomoties, de vingt-cinq hommes chacune, sous les ordres d’un énomotarque.

Quatre loches, et quelquefois davantage, étaient réunis sous le commandement d’un stratége qui était comme un colonel. Le taxiarque était un stratége, sous un nom différent. L’hypostratége était en quelque sorte un lieutenant-colonel.

En allant au combat, les troupes grecques entonnaient le péan, qui était un chant militaire et religieux, et invoquaient Ényalius, c’est-à-dire Mars, dieu de la guerre, sous un de ses surnoms.

Dans l’armée d’Artaxercès, on voit figurer les doryphores ou porte-lances, qui formaient la garde du Grand Roi — c’était ainsi qu’on appelait le roi de Perse, — et les gerrophores qui prenaient leur nom du bouclier tressé en osier, ou gerre, qu’ils portaient.