«Tu es bien fière, toi? Pourquoi ne nous dis-tu rien en passant?»
Pierrette ne répondit pas et continua son chemin.
«Vois-tu bien cette demoiselle qui ne nous répond seulement pas? dit un autre en la suivant. Qu'est-ce qu'elle porte donc dans sa main?» Et comme Pierrette marchait toujours sans rien dire:
«Je la ferai bien parler, moi,» dit un tout petit.
Alors Pierrette, qui commençait à avoir peur, ce mit à courir de toutes ses forces. Les gamins la poursuivirent en lui jetant de la boue d'abord, puis des pierres; et comme elle ne s'arrêtait pas, le plus grand, courut plus fort qu'elle et se mit en travers de son chemin.
«Tu vas me donner ce que tu tiens là, dit-il, et tout de suite!»
Pierrette se mit à pleurer.
Le plus petit de la bande, qui en était aussi le plus mauvais, lui arracha le papier et l'ouvrit.
«Tiens! tiens! des tartelettes! où les a-t-elles volées, cette pleurnicheuse?
—Je n'ai pas volé les tartelettes, dit Pierrette, c'est ma marraine qui me les a données.