—Ce n'est pas possible, mon père; il y a plus de quatre pieds de foin sur le plancher, et il ne s'y trouve pas le moindre morceau de bois.
—Pourquoi pleures-tu comme ça, Fanchette? Voyons, réponds-moi donc.»
La petite fille ne répondit pas et continua de pleurer. Son père, effrayé, la descendit et la conduisit à sa femme, en lui disant de voir pourquoi leur fille se désolait ainsi.
La mère prit Fanchette sur ses genoux et lui demanda si elle souffrait; et, comme l'enfant pleurait toujours sans répondre, sa mère l'embrassa pour la consoler, et voulut la déshabiller, afin de s'assurer quelle n'avait aucun mal; mais elle n'en put venir à bout.
«Il y a quelque chose là-dessous, dit-elle: Fanchette, tu vas me le dire tout de suite.»
Et, tout en disant cela, elle ôta la robe de l'enfant malgré ses cris. Quand la robe fut enlevée, la Nanne vit le jupon delà petite fille mouillé d'un côté, ainsi que la poche, qui était toute jaune. Elle retourna cette poche et y trouva les coquilles de l'oeuf. Alors elle devina que c'était sa fille qui avait pris celui de la mère Desloges.
«Comment, Fanchette, lui dit-elle, tu as pris l'oeuf de cette pauvre femme! Tu as volé, toi, la fille d'honnêtes gens qui n'ont jamais fait parler d'eux! Tu vas aller tout de suite lui avouer ta faute et lui demander pardon, en lui portant un oeuf frais de nos poules.
—Ma chère maman, je n'oserai jamais! dit Fanchette en joignant les mains et en pleurant toujours.
—Tu as bien osé lui prendre son oeuf! Quand on a le mauvais courage de faire le mal, il faut avoir le bon courage d'en demander pardon.
—Mais elle ne voudra plus me laisser entrer dans sa maison?