Le doux Printemps revient, et ranime à la fois
Les oiseaux, les zéphirs, et les fleurs, et ma voix.
Pour quel sujet nouveau dois-je monter ma lyre?
Ah! lorsque d’un long deuil la terre enfin respire,
Dans les champs, dans les bois, sur les monts d’alentour,
Quand tout rit de bonheur, d’espérance, et d’amour,
Qu’un autre ouvre aux grands noms les fastes de la gloire;
Sur un char foudroyant qu’il place la victoire;
Que la coupe d’Atrée ensanglante ses mains:
Flore a souri; ma voix va chanter les Jardins.
Je dirai comment l’art, dans de frais paysages,
Dirige l’eau, les fleurs, les gazons, les ombrages.
Toi donc, qui, mariant la grace, et la vigueur,
Sais du chant didactique animer la langueur,
O Muse! si jadis, dans les vers de Lucrece,
Des austères leçons tu polis la rudesse;
Si par toi, sans flétrir le langage des Dieux,
Son rival a chanté le soc laborieux;
Viens orner un sujet plus riche, plus fertile,
Dont le charme autrefois avoit tenté Virgile.
N’empruntons point ici d’ornement étranger;
Viens, de mes propres fleurs mon front va s’ombrager;
Et, comme un rayon pur colore un beau nuage,
Des couleurs du sujet je teindrai mon langage.
L’art innocent, et doux que célébrent mes vers,
Remonte aux premiers jours de l’antique univers.
Dès que l’Homme eut soumis les champs à la culture,
D’un heureux coin de terre il soigna la parure;
Et plus près de ses yeux il rangea sous ses loix
Des arbres favoris, et des fleurs de son choix.
Du simple Alcinous le luxe encore rustique
Décoroit un verger. D’un art plus magnifique
Babylone éleva des jardins dans les airs.
Quand Rome au monde entier eut envoyé des fers,
Les vainqueurs, dans des parcs ornés par la victoire,
Alloient calmer leur foudre, et reposer leur gloire.
La sagesse autrefois habitoit les jardins,
Et d’un air plus riant instruisoit les humains:
Et quand les Dieux offroient un Elysée aux sages,
Etoit-ce des Palais? c’étoit de verds boccages;
C’étoit des prés fleuris, séjour des doux loisirs,
Où d’une longue paix ils goùtoient les plaisirs.
Ouvrons donc, il est temps, ma carriere nouvelle;
Philippe m’encourage, et mon sujet m’appelle.
Pour embellir les champs, simples dans leur attraits,
Gardez-vous d’insulter la nature à grands frais.
Ce noble emploi demande un Artiste qui pense,
Prodigue de génie, et non pas de dépense.
Moins pompeux qu’élégant, moins décoré que beau,
Un jardin, a mes yeux, est un vaste tableau.
Soyez peintre. Les champs, leurs nuances sans nombre,
Les jets de la lumiere, et les masses de l’ombre,
Les heures, les saisons variant tour-a tour
Le cercle de l’année, et le cercle du jour,
Et des prés émaillés les riches broderies,
Et des rians côteaux les vertes draperies,
Les arbres, les rochers, et les eaux, et les fleurs,
Ce sont la vos pinceaux, vos toiles, vos couleurs.
La nature est à vous; et votre main féconde
Dispose, pour créer, des élémens du monde.
Mais avant de planter, avant que du terrein
Votre bêche imprudente ait entamé le sein,
Pour donner aux jardins une forme plus pure,
Observez, connoissez, imitez la nature.
N’avez-vous pas souvent, aux lieux infrequentés,
Rencontré tout-a-coup ces aspects enchantés,
Qui suspendent vos pas, dont l’image chérie
Vous jette en une douce, et longue réverie?
Saisissez, s’il se peut, leurs traits les plus frappans,
Et des champs apprenez l’art de parer les champs.
Voyez aussi les lieux qu’un goût savant décore.
Dans ces tableaux choisis vous choisirez encore.
Dans sa pompe élégante admirez Chantilli,
De héros en héros, d’âge en âge embelli.
Belœil, tout à la fois magnifique, et champêtre,
Chanteloup, fier encor de l’exil de son Maitre,
Vous plairont tour-à tour. Tel que ce frais bouton,
Timide avant-coureur de la belle saison,
L’aimable Tivoli, d’une forme nouvelle
Fit le premier en France entrevoir le modèle.
Les Grâces en riant dessinerent Montreuil.
Maupertuis, le Desert, Rincy, Limours, Auteuil,
Que dans vos frais sentiers doucement on s’égare!
L’ombre du grand Henri chérit encore Navarre.
Semblable à son auguste, et jeune dêité,
Trianon joint la grace avec la majesté:
Pour elle il s’embellit, et s’embellit par elle.
Et toi, d’un Prince aimable, ô l’asyle fidele!
Dont le nom trop modeste est indigne de toi,
Lieu charmant! offre-lui tout ce que je lui doi,
Un fortuné loisir, une douce retraite.
Bienfaiteur de mes vers, ainsi que du Poète,
C’est lui qui dans ce choix d’Ecrivains enchanteurs,
Dans ce jardin paré de poétiques fleurs,
Daigne accueillir ma muse. Ainsi du sein de l’herbe
La violette croit auprès du lys superbe.
Compagnon inconnu de ces hommes fameux,
Ah! si ma foible voix pouvoit chanter comme eux,
Je peindrois tes jardins, le dieu qui les habite,
Les arts, et l’amitié qu’il y mène a sa suite.
Beau lieu! fais son bonheur. Et moi, si quelque jour,
Grace a lui, j’embellis un champêtre sejour,
De mon illustre appui j’y placerai l’image.
De mes premieres fleurs je veux qu’elle ait l’hommage:
Pour elle je cultive, et j’enlace en festons
Le myrthe, et le laurier, tous deux chers aux Bourbons;
Et si l’ombre, la paix, la liberté m’inspire,
A l’auteur de ces dons je dévouerai ma lyre.
J’ai dit les lieux charmans que l’art peut imiter;
Mais il est de écueils que l’art doit éviter.
L’esprit imitateur trop souvent nous abuse.
Ne prêtez point au sol des beautés qu’il refuse:
Avant tout, connoissez votre site; et du lieu
Adorez le génie, et consultez le dieu.
Ses loix impunément ne sont pas offensées.
Cependant moins hardi qu’etrange en ses pensées,
Tous les jours dans les champs un artiste sans gout
Change, mêle, déplace, et dénature tout;
Et, par l’absurde choix des beautés qu’il allie,
Revient gàter en France un site d’Italie.
Ce que votre terrein adopte avec plaisir,
Sachez le reconnoitre, osez vous en saisir.
C’est mieux que la nature, et cependant c’est elle;
C’est un tableau parfait qui n’a point de modèle.
Ainsi savoient choisir les Berghems, les Poussins.
Voyez, étudiez leurs chef-d’œuvre divins:
Et ce qu’a la campagne emprunta la peinture,
Que l’art reconnoissant le rende a la nature.
Maintenant des terreins examinons le choix,
Et quels lieux se plairont a recevoir vos loix.
Il fut un tems funeste où, tourmentant la terre,
Aux sites les plus beaux l’art dêclaroit la guerre,
Et comblant les vallons, et rasant les côteaux,
D’un sol heureux formoit d’insipides plateaux.
Par un contraire abus l’art, tyran des campagnes,
Aujourd’hui veut créer des vallons, des montagnes.
Evitez ces excès. Vos soins infructueux
Vainement combattroient un terrein montueux,
Et dans un sol égal un humble monticule
Veut etre pittoresque, et n’est que ridicule.
Desirez-vous un lieu propice a vos travaux?
Loin des champs tropunis, des monts trop inégaux,
J’aimerois ces hauteurs ou sans orgueil domine
Sur un riche vallon une belle colline.
Là, le terrein est doux sans insipidité,
Elevé sans roideur, sec sans aridité.
Vous marchez: l’horizon vous obeit. La terre
S’éleve, ou redescend, s’etend, ou se reserre.
Vos sites, vos plaisirs changent a chaque pas.
Qu’un obscur arpenteur, armé de son compas,
Au fond d’un cabinet, d’un jardin symmétrique
Confie au froid papier le plan géometrique;
Vous, venez sur les lieux. La, le crayon en main,
Dessinez ces aspects, ces côteaux, ce lointain;
Devinez les moyens, pressentez les obstacles:
C’est des difficultés que naissent les miracles.
Le sol le plus ingrat connoîtra la beauté.
Est-il nu? que des bois parent sa nudité:
Couvert? portez la hache en ces forêts profondes:
Humide? en lacs pompeux, en rivieres fécondes
Changez cette onde impure; et, par d’heureux travaux,
Corrigez a la fois l’air, la terre, et les eaux:
Aride enfin? cherchez, sondez, fouillez encore:
L’eau, lente a se trahir, peut-être est près d’éclore.
Ainsi d’un long effort moi-même rebute,
Quand j’ai d’un froid détail maudit l’aridité,
Soudain un trait heureux jaillit d’un fond stérile,
Et mon vers ranimé coule enfin plus facile.
Il est des soins plus doux, un art plus enchanteur.
C’est peu de charmer l’œil, il faut parler au cœur.
Avez-vous donc connu ces rapports invisibles
Des corps inanimés, et des êtres sensibles?
Avez-vous entendu des eaux, des prés, des bois
La muette éloquence, et la secrette voix?
Rendez-nous ces effets. Que du riant au sombre,
Du noble au gracieux, les passages sans nombre
M’interessent toujours. Simple, et grand, fort, et doux,
Unissez tous les tons pour plaire a tous les goûts.
Lá, que le peintre vienne enrichir sa palette;
Que l’inspiration y trouble le poète;
Que le sage, du calme y goûte les douceurs;
L’heureux, ses souvenirs; le malheureux, ses pleurs.
Mais l’audace est commune, et le bon sens est rare.
Au lieu d’être piquant, souvent on est bizarre,
Gardez que, mal unis, ces effets différens
Ne forment qu’un cahos de traits incohérens:
Les contradictions ne sont pas des contrastes.
D’ailleurs, a ces tableux il faut des toiles vastes.
N’allez pas resserrer dans des cadres étroits
Des rivieres, des lacs, des montagnes, des bois.
On rit de ces jardins, absurde parodie
Des traits que jette en grand la nature hardie,
Ou l’art invraisemblable a la fois, et grossier,
Enferme en un arpent un pays tout entier.
Au lieu de cet amas, de ce confus mélange,
Variez les objets, ou que leur aspect change.
Rapprochés, eloignés, entrevus, découverts,
Qu’ils offrent tour-à tour vingt spectacles divers.
Que de l’effet qui suit, l’adroite incertitude
Laisse a l’œil curieux sa douce inquietude:
Qu’enfin les ornemens avec gout soient placés,
Jamais trop imprévus, jamais trop annoncés.
Sur-tout, du mouvement: sans lui, sans sa magie,
L’esprit desoccupé retombe en lethargie;
Sans lui, sur vos champs froids mon œil glisse au hasard.
Des grands peintres encore faut-il attester l’art?
Voyez-les prodiguer de leur pinceau fertile
De mobiles objets sur la toile immobile,
L’onde qui fuit, le vent qui courbe les rameaux,
Les globes de fumée exhalés des hameaux,
Les troupeaux, les pasteurs, et leurs jeux, et leur danse,
Saisissez leur secret. Plantez en abondance
Ces souples arbrisseaux, et ces arbres mouvans
Dont la tête obêit a l’haleine des vents;
Quels qu’ils soient, respectez leur flotante verdure,
Et défendez au fer d’outrager la nature.
Voyez-la dessiner ces chênes, ces ormeaux.
Voyez comment sa main, du tronc jusqu’aux rameaux,
Des rameaux au feuillage augmentant leur souplesse,
Des ondulations leur donna la mollesse.
Mais les ciseaux cruels... Prevenez ce forfait,
Nymphes des bois, courez. Que dis-je? c’en est fait.
L’acier a retranché leur cime verdoyante,
Je n’entends plus au loin sur leur tête ondoyante,
Le rapide aquilon legerement courir,
Frémir dans leurs rameaux, s’éloigner et mourir.
Froids, monotones, morts, du fer qui les mutile
Ils semblent avoir pris la roideur immobile.
Vous donc, dans vos tableaux amis du mouvement,
A vos arbres laissez leur doux balancement.
Qu’en mobiles objets la perspective abonde:
Faites courir, bondir, et rejaillir cette onde.
Vous voyez ces vallons, ces bois, ces champs deserts;
Des différens troupeaux dans les sites divers
Envoyez, répandez les peuplades nombreuses.
Là, du sommet lointain des roches buissonneuses,
Je vois la chèvre pendre. Ici, de mille agneaux
L’écho porte les cris de côteaux en côteaux.
Dans ces prês abreuvés des eaux de la colline,
Couché sur ses genoux, le bœuf pésant rumine;
Tandis qu’impétueux, fier, inquiet, ardent,
Cet animal guerrier qu’enfanta le trident,
Déploie; en se jouant, dans un gras pâturage
Sa vigueur indomptée, et sa grace sauvage.
Que j’aime et sa souplesse, et son port animé,
Soit que dans le courant du fleuve accoutumé
En frissonnant il plonge, et luttant contre l’onde,
Batte du pied le flot qui blanchit, et qui gronde;
Soit qu’à travers les prés il s’échape par bonds;
Soit que livrant aux vents ses longs crins vagabonds,
Superbe, l’œil en feu, les narines fumantes,
Beau d’orgueil, et d’amour, il vole a ses amantes!
Quand je ne le vois plus, mon œil le suit encor.
Ainsi de la nature épuisant le tresor,
Le terrein, les aspects, les eaux, et les ombrages
Donnent le mouvement, la vie aux paysages.
Mais si du mouvement notre œil est enchanté,
Il ne chérit pas moins un air de liberté.
Laissez donc des jardins la limite indécise,
Et que votre art l’efface, ou du moins la déguise.
Où l’œil n’espere plus, le charme disparoit.
Aux bornes d’un beau lieu nous touchons à regret:
Bientôt il nous ennuie, et même nous irrite.
Au-dela de ces murs, importune limite,
On imagine encor de plus aimables lieux,
Et l’esprit inquiet désenchante les yeux.
Quand toujours guerroyant vos gothiques ancetres
Transformoient en champ-clos leurs asyles champetres
Chacun dans son donjon, de murs environné,
Pour vivre surement, vivoit emprisonné.
Mais que fait aujourd’hui cette ennuyeuse enceinte
Que conserve l’orgueil, et qu’inventa la crainte?
A ces murs qui génoient, attristoient les regards,
Le goût préfereroit ces verdoyans remparts,
Ces murs tissus d’épine, où votre main tremblante
Cueille et la rose inculte, et la mûre sanglante.
Mais les jardins bornés m’importunent encor.
Loin de ce cercle étroit prenons enfin l’essor
Vers un genre plus vaste, et des formes plus belles,
Dont seul Ermenonville offre encor des modèles.
Les jardins appeloient les champs dans leur séjour,
Les jardins dans les champs vont entrer a leur tour.
Du haut de ces côteaux, de ces monts d’où la vue
D’un vaste paysage embrasse l’ètendu,
La Nature au Génie a dit: »Ecoute moi.
Tu vois tous ces trésors; ces trésors sont a toi.
Dans leur pompe sauvage et leur brute richesse,
Mes tableaux imparfaits implorent ton adresse«
Elle dit. Il s’elance, il va de toux côtés
Fouiller dans cette masse où dorment cent beautes,
Des vallons aux côteaux, des bois a la prairie,
Il retouche en passant le tableau qui varie.
Il sait au gre des yeux, reunir, détacher,
Eclairer, rembrunir, decouvrir, ou cacher.
Il ne compose pas; il corrige, il epure,
Il acheve les traits qu’ébaucha la Nature.
Le front des noirs rochers a perdu sa terreur;
La forêt egayée adoucit son horreur:
Un ruisseau s’egaroit: il dirige sa course;
Il s’empare d’un lac, s’enrichit d’une source.
Il veut; et des sentiers courent de toutes parts
Chercher, saisir, lier tous ces membres epars,
Qui, surpris, enchantés du nœud qui les rassemble,
Forment de cent details un magnifique ensemble.
Ces grands travaux peut-etre epouvantent votre art.
Rentrez dans nos vieux parcs, et voyez d’un regard
Ces riens dispendieux, ces recherches frivoles,
Ces treillages sculptes, ces bassins, ces rigoles.
Avec bien moins de frais qu’un art minutieux
N’orna ce seul reduit qui plait un jour aux yeux,
Vous allez embellir un paysage immense.
Tombez devant cet art, fausse magnificence,
Et qu’un jour transformée en un nouvel Eden,
La France a nos regards offre un vaste jardin!
Que si vous n’osez pas tenter cette carriere,
Du moins, de vos enclos franchissant la barriere,
Par de riches aspects agrandissez les lieux.
D’un vallon, d’un côteau, d’un lointain gracieux,
Ajoutez a vos parcs l’etrangère etendue;
Possedez par les yeux, jouissez par la vue.
Sur tout sachez saisir, enchainer a vos plants
Ces accidens heureux qui distinguent les champs.
Ici, c’est un hameau que des bois environnent:
Lá, de leurs longues tours les Cités se couronnent;
Et l’ardoise azurée, au loin frappant les yeux,
Court en sommet aigu se perdre dans les cieux.
Oublierai-je ce fleuve, et son cours, et ses rives?
Votre œil de loin poursuit les voiles fugitives.
Des isles quelquefois s’elevent de son sein;
Quelquefois il s’enfuit sous l’arc d’un pont lointain.
Et si la vaste mer à vos yeux se presente,
Montrez, mais variez cette scene imposante.
Ici, qu’on l’entrevoie a travers des rameaux,
Lá, dans l’enfoncement de ces profonds berceaux,
Comme au bout d’un long tube une voûte la montre.
Au détour d’un bosquet ici l’œil la rencontre,
La perd encore; enfin la vue en liberté
Tout-à-coup la découvre en son immensité.
Sur ces aspects divers fixez l’œil qui s’égare;
Mais, il faut l’avouer, c’est d’une main avare
Que les hommes, les arts, la nature, et le temps
Sèment autour de nous de riches accidens.
O plaines de la Grèce! o champs de l’Ausonie!
Lieux toujours inspirans, toujours chers au génie;
Que de fois arrêté dans un bel horizon,
Le peintre voit, s’enflamme, et saisit son crayon,
Dessine ces lointains, et ces mers, et ces isles,
Ces ports, ces monts brûlans, et devenus fertiles,
Des laves de ces monts encor tout menaçans,
Sur des palais détruits d’autres palais naissans,
Et, dans ce long tourment de la terre, et de l’onde,
Un nouveau monde éclos des debris du vieux monde
Hélas! jé n’ai point vu ce séjour enchanté,
Ces beaux lieux où Virgile a tant de fois chanté;
Mais, j’en jure et Virgile, et ses accords sublimes,
J’irai; de l’Apennin je franchirai les cimes;
J’irai, plein de son nom, plein de ses vers sacrés,
Les lire aux mêmes lieux qui les ont inspirés.
Vous, épris des beautés qu’étalent ces rivages,
Au lieu de ces aspects, de ces grands paysages,
N’avez-vous au-dehors que d’insipides champs?
Qu’au-dedans, des objets mieux choisis, plus touchans
Dédommagent vos yeux d’une vue étrangère:
Dans votre propre enceinte apprenez a vous plaire;
Symbole henreux du sage, independant d’autrui,
Qui rentre dans son ame, et se plait avec lui.
Je m’enfonce avec vous dans ce secret asyle.
Toutefois aux lieux même où le sol plus fertile
En aspects variés est le plus abondant,
Des trésors de la vue èconome prudent,
Faites-les acheter d’une course legere.
Que votre art les promette, et que l’œil les espère.
Promettre, c’est donner; esperer, c’est jouir.
Il faut m’intéresser, et non pas m’eblouir.
Dans mes leçons encor je voudrois vous apprendre
L’art d’avertir les yeux, et l’art de les surprendre.
Mais avant de dicter des préceptes nouveaux,
Deux genres, dès-long-tems ambitieux rivaux,
Se disputent nos vœux. L’un a nos yeux présente
D’un dessein régulier l’ordonnance imposante,
Prête aux champs des beautés qu’ils ne connoissoient pas?
D’une pompe étrangère embellit leurs appas,
Donne aux arbres des loix, aux ondes des entraves,
Et, despote orgueilleux, brille entouré d’esclaves.
Son air est moins riant, et plus majestueux.
L’autre, de la nature amant respectueux,
L’orne, sans la farder, traite avec indulgence
Ses caprices charmans, sa noble négligence,
Sa marche irrégulière, et fait naitre avec art
Les beautés, du desordre, et même du hasard.
Chacun d’eux a ses droits; n’excluons l’un ni l’autre:
Je ne décide point entre Kent, et le Nôtre.
Ainsi que leurs beautés, tous les deux ont leurs loix.
L’un est fait pour briller chez les Grands, et les Rois;
Les Rois sont condamnés a la magnificence.
On attend autour d’eux l’effort de la puissance;
On y veut admirer, enyvrer ses regards
Des prodiges du luxe, et du faste des arts.
L’art peut donc subjuguer la nature rébelle;
Mais c’est toujours en grand qu’il doit triompher d’elle.
Son éclat fait ses droits; c’est un usurpateur
Qui doit obtenir grace a force de grandeur.
Loin donc ces froids jardins, colifichet champêtre,
Insipides réduits, dont l’insipide maitre
Vous vante, en s’admirant, ses arbres bien peignés,
Ses petits sallons verds bien tondus, bien soignés;
Son plant bien symmétrique, ou, jamais solitaire,
Chaque allée a sa sœur, chaque berceau son frere;
Ses sentiers ennyés d’obéir au cordeau,
Son parterre bordé, son maigre filet d’eau,
Ses buis tournés en globes, en pyramide, en vase,
Et ses petits bergers bien guindés sur leur base.
Laissez-le s’applaudir de son luxe mesquin;
Je préfere un champ brut a son triste jardin.
Loin de ces vains apprêts, de ces petits prodiges,
Venez, suivez mon vol au pays des prestiges,
A ce pompeux Versaille, a ce riant Marly,
Que Louis, la nature, et l’art ont embelli.
C’est là que tout est grand, que l’art n’est point timide;
Là tout est enchanté. C’est le palais d’Armide;
C’est le jardin d’Alcine, ou plutôt d’un héros
Noble dans sa retraite, et grand dans son repos,
Qui cherche encor a vaincre, a dompter des obstacles,
Et ne marche jamais qu’entouré de miracles.
Voyez-vous et les eaux, et la terre, et les bois,
Subjugués a leur tour, obéir a ses loix;
A ces douze palais d’elegante structure
Ces arbres marier leur verte architecture;
Ces bronzes respirer; ces fleuves suspendus,
En gros bouillons d’ecume a grand bruit descendus,
Tomber, se prolonger dans des canaux superbes;
Lá, s’epancher en nappe; ici, monter en gerbes;
Et, dans l’air s’enflammant aux feux d’un soleil pur,
Pleuvoir en gouttes d’or, d’emeraude, et d’azur?
Si j’egare mes pas dans ces bocages sombres,
Des Faunes, des Sylvains en out peuplé les ombres,
Et Diane, et Venus enchantent ce beau lieu.
Tout bosquet est un temple, et tout marbre est un dieu;
Et Louis, respirant du fracas des conquêtes,
Semble avoir invité tout l’Olympe a ses fêtes.
C’est dans ces grands effets que l’art doit se montrer.
Mais l’esprit aisement se lasse d’admirer.
J’applaudis l’Orateur dont les nobles pensées
Roulent pompeusement, avec soin cadencées:
Mais ce plaisir est court. Je quitte l’Orateur
Pour chercher un ami qui me parle du cœur.
Du marbre, de l’airain, que le luxe prodigue,
Des ornemens de l’art l’œil bientôt se fatigue;
Mais les bois, mais les eaux, mais les ombrages frais,
Tout ce luxe innocent ne fatigue jamais.
Aimez donc des jardins la beauté naturelle.
Dieu lui-même aux mortels en traça le modèle.
Regardez dans Milton. Quand ses puissantes mains
Preparent un asyle aux premiers des humains,
Le voyez-vous tracer des routes regulieres,
Contraindre dans leur cours les ondes prisonnieres?
Le voyez vous parer d’etrangers ornemens
L’enfance de la terre, et son premier printemps?
Sans contrainte, sans art, de ses douces prémices
La Nature epuisa les plus pures délices.
Des plaines, des côteaux le mêlange charmant,
Les ondes a leur choix errantes mollement,
Des sentiers sinueux les routes indécises,
Le desordre enchanteur, les piquantes surprises,
Des aspects où les yeux hesitoient a choisir,
Varioient, suspendoient, prolongeoient leur plaisir.
Sur l’email velouté d’une fraiche verdure,
Mille arbres, de ces lieux ondoyante parure,
Charme de l’odorat, du goût, et des regards,
Elegamment groupés, negligemment epars,
Se fuyoient, s’approchoient, quelquefois a leur vue
Ouvroient dans le lointain une scéne imprevue;
Ou tombant jusqu’a terre, et recourbant leurs bras,
Venoient d’un doux obstacle embarasser leurs pas;
Ou pendoient sur leur tête en festons de verdure,
Et de fleures, en passant, semoient leur chevelure,
Dirai-je ces forêts d’arbustes, d’arbrisseaux,
Entrelaçant en voûte, en alcove, en berceaux
Leurs bras voluptueux, et leurs tiges fleuries?
C’es là que les yeux pleins de tendres reveries,
Eve a son jeune epoux abandonna sa main,
Et rougit comme l’aube aux portes du matin.
Tout les felicitoit dans toute la nature,
Le ciel par son eclat, l’onde par son murmure,
La terre, en tressaillant, ressentit leurs plaisirs;
Zéphire aux antres verds redisoit leurs soupirs;
Les arbres fremissoient, et la rose inclinée
Versoit tous ses parfums sur le lit d’hymenée.
O bonheur ineffable! ô fortunés époux!
Heureux dans ses jardins, heureux qui, comme vous,
Vivroit, loin des tourmens où l’orgueil est en proie,
Riche de fruits, de fleurs, d’innocence, et de joie!
FIN DU PRÉMIER CHANT.
OS JARDINS,
POEMA
CANTO PRIMEIRO.
Renasce a Primavera, influe, e anima
As Aves, os Favonios, Flores, Musas.
Que novo objecto á lyra os sons me pede?
Ah! Quando a Terra despe antigos lutos
Nos campos, nas florestas, sobre os montes,
Quando tudo se ri, tudo se inflamma
De amor, e de esperança, e de ventura,
Outro c’o a fantazia em Febo acceza,
Abra os fastos da Gloria aos grandes nomes,
N’um carro fulminante alce o Triunfo,
Manche, ensanguente as mãos na taça horrivel
Do vingativo Atrêo: sorrio-se Flora,
Vou cantar os Jardins, dizer qual arte
Em terreno loução, dispoem, regùla
As flores, a corrente, a relva, as sombras.
Tu, que o vigor, e a graça entrelaçando,
Dás ao canto didáctico energia,
De Lucrecio na voz, se outr’hora, oh Musa,
As austeras lições amaciaste;
Se pôde o seu Rival (sem que nos labios
A linguagem dos Numes desluzisse)
Ao laborioso arado unir o metro;
Vem mais fertil ornar, mais rico assumpto,
Assumpto amavel, que tentou Virgilio.
Mãos não lancemos de atavio estranho;
Das minhas mesmas flores vou croar-me:
Qual pura luz, que bella nuvem doira,
A expressão tingirei na côr do objecto.
Arte innocente, que em meus versos canto,
Origem teve nos cerúleos dias,
Nas Primavéras do recente Globo.
Apenas o Homem submettêra os campos
Á cultura efficaz, pôz mil disvelos
De viçósa porção no trato, e mimo,
Alinhou para si com leis, e industria
Plantas selectas, escolhidas flores.
De Alcino o luxo, o gosto, ainda rude
Punha a curto vergel módico enfeite;
Eis com arte maior, mais sumptuosa
Jardins nos ares Babylonia ostenta.
Os Latinos Heróes, de Marte os Filhos,
Depois que Roma agrilhoava o Mundo,
Davão repouso ameno á gloria, ao raio,
Em frescos Hortos, que a Victoria ornára.
Habitava os jardins outr’hora o Sabio,
Doutrinando os Mortaes mais ledo que hoje.
Quando a Sabedoria Elysios teve,
Ereis vós, Dons do Céo, talvez Palacios?
Não: vós ereis hum prado, hum rio, hum bosque
De imperturbavel paz ditoso abrigo,
Puras delicias, que a virtude anhéla.
Corra-se pois, que he tempo, o novo espaço:
Filippe, e o bello assumpto a voz me alentão.
Para aformosear simples terrenos
Não insulteis co’a pompa a Natureza;
Este emprego requer sisudo Artista,
Parco em dispendios, na invenção profuso;
Jardim, menos fastoso que elegante,
Jardim com mais belleza que atavío,
Parece aos olhos meus hum amplo quadro.
Sede Pintor: o campo, os seus matizes,
Os reflexos da luz, da sombra as massas,
As estações, e as horas, variando
O gyro do anno, o circulo diurno;
Ricos esmaltes de cheirosos prados,
Dos oiteiros o alegre, o verde forro,
Aguas, boninas, arvores, penedos:
Eis os vossos pinceis, têas, e côres.
Podeis crear: a Natureza he vossa,
E dóceis para vós os Elementos.
Mas antes de plantar, antes que encete
Instrumento imprudente o seio á Terra,
Para dar aos jardins mais linda fórma
Observai, reflecti, sabei de que arte
Se imita, se arreméda a Natureza.
Não tendes vezes mil em ermos sitios
De repente encontrado aquellas vistas,
Que as plantas, que os sentidos vos suspendem,
E que em meditações quietas, longas
Enlevão manso, e manso a fantazia?
Tudo o melhor senhoreai c’o a mente,
Dos campos aprendei a ornar os campos.
Lugares, que sutil decóra o gosto,
Olhai tambem; nos escolhidos quadros
Ainda há que escolher; por vós se admire
De Chantilli magnifica elegancia,
Que de Heróes em Heróes, de Idade a Idade
Ganha novo esplendor. Belœil, a hum tempo
Campestre, apparatoso, e tu que ainda
Ufano Chanteloup, te desvaneces
De teu grande Senhor com o desterro;
Todos vós alternais o bem dos olhos.
Qual purpureo botão, mimoso, e breve,
Timido precursor da Quadra bella,
O amavel Tivoli, de fórma estranha
Á França descobrio ténue modélo.
Montreuil as Graças desenhárão rindo,
Maupertuis, le Desert, com que alegria,
Auteuil, Rincy, Limours, quão docemente
Nas vossas lindas, arejadas ruas
Olhos se embebem, se extravião passos!
Do grande Henrique a veneravel Sombra
Ama ainda Navarra, e parecido
Comtigo Trianon, Deosa, que o reges,
Une a graça, o recreio á magestade,
Se adorna para ti, por ti se adorna.
Grato asylo d’hum Principe adoravel,
Tu, cujo nome de apoucada idéa
He indigno de ti; lugar vistoso,
Quanto lhe devo a teu Senhor, offrece:
Hum plácido retiro, hum ocio lédo.
Bemfeitor de meus versos, de meus dias,
Na eleição de atilados Escritores,
Em jardim, que do Pindo as rosas vestem,
Inclue a Musa minha, e brando a acolhe.
Junto ao Lyrio soberbo, e magestoso
Assim cresce a violeta humilde, e escura.
De illustres Vates não illustre socio,
Ah! se coubera em mim cantar como elles,
Pintára os teus jardins, pintára o Nume,
Que os habita, que os honra; o gosto, as artes,
As virtudes, a gloria, os bens que o seguem,
O ladeão em ti. Lugar formoso,
Sê tu sua ventura. Eu se algum dia
Findar, por graça delle, amena estancia,
Mais bella a tornarei co’a bella imagem
Do alto meu Protector; quero que sejão
Minhas primeiras flores seu tributo.
Para o busto real cultivo, enlaço
Em virentes festões o loiro, o myrto,
Tão caros aos Bourbons, e se o repouso,
A liberdade, as sombras me inspirarem,
Ao bemfazejo Heroe te sagro, oh lyra.
Fallei desses lugares deleitosos,
Que a arte deve imitar: convem que falle
Dos escolhos que a mesma evitar deve.
O engenho imitador tambem se engana.
Não dê belleza ao chão, que o chão não queira,
A paragem conheça antes de tudo,
Do sitio adore o Genio, o Deos consulte:
Impunemente as leis não se lhe aggravão.
Nos Campos, todavia, a cada instante,
Menos audaz que estranho em fantasias,
Tudo altera, e confunde Artista inerte,
E desnaturaliza, e perde tudo;
Com absurda eleição mil graças liga:
Encantavão na Italia, em França enjoão.
O que o terreno teu sem custo adopte
Reconhece, e depois te apossa delle.
Isto ainda he melhor que a Natureza,
Mas isto mesmo he ella, isto he perfeito
Quadro brilhante, que não tem modélo.
Dos Berghems, dos Poussins tal foi a escolha,
De ambos estuda as producções divinas,
E o muito que o pincel aos campos deve,
Arte cultivadora, agradecida,
Nos jardins restitua á Natureza.
Os terrenos agora se examinem,
E que lugar se apraz das leis, que traças.
Houve tempo fatal em que Arte infensa,
Guerra aos mais bellos sitios declarando,
Enchendo os valles, arrazando os montes,
Formou de chão gentil planicie ingrata.
Hoje, rural Tyranno, outro Artificio
Quer, por contrario abuso, erguer montanhas,
Valles quer profundar. Longe os excessos,
Longe as lidas, e ardis: tudo he baldado
Contra intrataveis, repugnantes serros;
E sobre terra igual montinho humilde
Cuida ser pictoresco, e move a riso.
Queres a teu suor lugar propicio?
Foge as mui desiguaes, os muito planos
Campos, e serras. Eu tomara os sitios
Onde sem altivez fosse eminente
A rico valle matizado oiteiro.
Não tendo insipidez, lá tem brandura
O solo complacente, he alto, he secco,
Estéril não, não rispido: caminhas;
Obedece o horizonte, ergue-se a Terra,
Ou a Terra se abate, aperta, estende:
Luzem de passo a passo encantos novos.
Dos Gabinetes no silencio triste,
De compasso na dextra, embora ordene,
Artifice vulgar a symmetria
D’enfadoso jardim, confie embora
O Geometrico plano ao papel frio.
Tu vai ver em si propria a Natureza.
O lapis maneando, alli copìa
Este aspecto, estes longes, esta altura,
Meios advinha, obstáculos presente:
Só a difficuldade he Mãi de assombros,
E o chão de menos graça havella póde,
He nu? Florestas a nudez lhe amparem.
He coberto? Os machados vão despillo.
Humido? Em lagos de cristal pomposo,
Em ribeiras fecundas, transparentes
Se converta, se aclare essa agua impura.
Por trabalho feliz corrige a hum tempo
Melhora as aguas, o terreno, os ares:
He árido talvez? Procura, sonda,
Torna ainda a sondar, não te enfasties:
Póde ser que, em trahir-se vagarosa,
A agua de rebentar esteja a ponto.
Tal de hum tenaz esforço eu mesmo anciado,
Morna individuação maldigo, entejo,
Mas de estéril objecto aborrecido
Idéa graciosa eis surge, eis salta:
O verso resuscita, e facil corre.
Inda mais doces que estes ha cuidados,
Arte existe inda mais encantadora.
Falle-se ao coração, não basta aos olhos.
As invisiveis relações conheces
Desses corpos sem alma, e dos que sentem?
Das aguas, prados, selvas tens ouvido
A calada eloquencia, a voz occulta?
Todos estes effeitos deves dar-nos.
Do alegre ao melancolico, e do nobre
Ao engraçado, os transitos sem conto
Sempre me aprazem, me cativão sempre.
Une, simples, e grande, forte, e brando,
Todo o matiz, que a todo o gosto agrade.
O Pintor enriqueça alli a idéa,
A santa Inspiração turbe o Poeta.
Alli remansos d’alma o Sabio goze,
Memorias o ditoso alli desfrute,
De lagrimas se farte o miserando.
Mas a audacia he commum, e o siso he raro.
Graça ás vezes se crê a extravagancia.
Evita que os effeitos, mal unidos,
De incoherentes imagens formem cáhos;
Vê que as contradicções não são contrastes.
Estes paineis de natural pintura
Requerem longo espaço; em quadro estreito
Não vás aprisionar montanhas, bosques,
Nem lagos, nem ribeiras. He costume
Zombar desses jardins, paródia absurda
Dos rasgos que a atrevida Natureza
No seu grande espectáculo derrama;
Jardins, em que Arte rude, e inverosimil
Hum Paiz todo n’uma geira encerra.
Em vez deste montão confuso, inerte,
Varía objectos, ou lhe altera a face.
Perto, longe, patentes, quasi occultos,
Revezem todos mil diversas vistas.
Dos effeitos seguintes a incerteza
Grato desassocego aos olhos deixe,
Ornamentos o gosto emfim coloque,
Imprevistos jamais em demasia,
Jámais em demasia annunciados.
Presta sobre maneira o movimento;
Sem a doce magia, a elle annexa,
Em lethargo recae a alma ociosa.
Sem elle, por teus campos enfadonhos
Em gyro casual vão sempre os olhos.
Citarei outra vez altos Pintores?
Lá diffunde o pincel pródigo, e fertil
Móveis objectos sobre o panno immovel:
O rio foge, o vento encurva os ramos,
Globos de fumo das Aldêas sobem,
Os Gados, os Pastores brincão, danção.
Cuida em te apoderar deste segredo,
Dispoem sem parcimonia arbustos dóces,
Arvores brandas, cuja afavel coma
Das virações ao hálito obedece.
Sejão quaes forem, tu, Cultor, venera
A vacilante, undisona verdura,
Tolhe, que o ferro a Natureza ultraje,
Ella c’o a mestra mão como desenha
Desta parte os carvalhos, desta os olmos!
Olha como do tronco até aos ramos,
Dos ramos té ás folhas desparzido
Da Mãi universal benigno influxo;
Vai das undulações dar-lhe a molleza.
Porém golpes crueis... vedai tal crime,
Correi, Nynfas da selva... ah! Q’he de balde,
O córte cerceou-lhe a gala, o viço.
Já na cópa vivaz não oiço ao longe
Correr os Aquilões, bramir na rama,
Affastar-se, expirar. Tácitos, frios,
Mortos do ferro os vegetaveis Entes,
Delle semelhão rispideza immovel.
Ás plantas deixa, pois, tremor suave
Nos quadros teus, do movimento amigos:
Faze fugir, ferver, saltar as aguas.
Vês estes valles, solidões, florestas?
Por varios sitios de diversos gados.
A nédia multidão se envie, e alongue.
Além vejo a cabrinha roedora
Pender do cume de remotas penhas,
Aqui mil cordeirinhos melindrosos
Soltão queixumes, que de serro a serro
Vai éco em molles sons amiudando.
Nestes, que as aguas da collina sorvem,
Prados lustrosos, sobre as mãos se estende,
E ruminando jaz o Boi pesado,
Em quanto generoso, altivo, accezo,
O filho do Tridente, o Marcio Bruto
Ostenta, vicejando, em pingues pastos,
O indómito vigor, e o brio agreste.
Quanto me atrahe, me regozija, quanto
A audaz agilidade, o gesto activo!
Ou elle, usado ás fluviais correntes,
Sobre ellas se arremesse, estremecendo,
E luctando depois, c’os pés sacuda
As ondas, que murmurão, que branqueão;
Ou atravez dos prados salte, e fuja;
Ou, longa crina errante aos ventos dada,
Brotando os olhos fogo, as ventas fumo,
Bello de orgulho, e amor, voe ás amadas.
Sumio-se já, e a vista ainda o segue.
O thesoiro exhaurindo á Natureza,
Assim terrenos, vistas, e agua, e sombras
Dão ás paizagens movimento, e vida.
Porém se o movimento encanta os olhos,
De liberdade hum ar não menos querem.
O limite aos jardins fique indeciso;
Ou com arte se esconda, ou se disfarce.
Não ha mais que esperar? Vôa o feitiço.
Com certo dissabor o fim se tóca
De huma estancia aprazivel: cedo enfada,
E irrita finalmente; alem dos muros,
Importuna barreira, inda se ideão
Lugares mais gentis, mais attractivos,
E a alma inquieta desencanta os olhos.
Quando nossos Avós, á guerra affeitos,
Seus campos em castellos convertião,
Cada qual em munida, enorme torre
Preso vivia por viver seguro.
Mas hoje de que servem taes muralhas,
Que o temor inventou, mantem o orgulho?
A estes, que prendendo outr’hora a vista,
A vista duramente entristecião,
Prefere o gosto verdejantes muros,
Muros tecidos de espinhoso enredo,
Muros, por onde a mão, tremendo, colhe
A rosa inculta, a amóra ensanguentada.
Mas jardim limitado inda me ancêa.
Surja-se em fim de hum circulo tão breve
A genero mais vasto, e mais formoso,
De que hoje Ermenonville he só modélo.
Os jardins para si chamavão campos,
Vão nelles os jardins entrar agora.
Do cimo desses montes, donde os olhos
Paizagem dilatada abração, medem,
A madre Natureza ao Genio disse:
Os thesoiros, que vês, são teus: envoltos
Na rude pompa, na opulencia bruta,
Os quadros meus tua destreza implorão.
Ella diz, elle vôa: em toda a parte
Esquadrinha esta massa, onde repousão,
Onde dormindo estão bellezas cento.
Do valle á serra, da floresta ao prado
Vai retocando os quadros, que varía.
Dos olhos a sabor, une, e desune,
Illumina, escurece, occulta, ou mostra:
Não destróe, não compoem, corrige, apura,
O esboço aperfeiçoa á Natureza.
Carrancudo terror já despem rochas,
O bosque alegre adóça, encurta as sombras;
Hia perder-se hum rio: eis o encaminhão;
De hum lago se apodera a mão geitosa,
De cristalina fonte se enriquece.
Quer, e veredas mil subito correm
A demandar, cingir, prender os membros,
Por aqui, por alli soltos, dispersos,
Os membros, que assombrados, que attrahidos
Da engenhosa união, do nó, que os junta,
Formão de cem porções hum todo insigne.
Talvez, campestre Artifice, te espantem
Estes grandes trabalhos. Entra os nossos
Idosos parques; de huma vez contempla
Apuros vãos, dispendiosos nadas;
As estacadas vê, regos, e tanques.
Preço menor do que a minucias coube
Para ornar o que hum dia apraz somente,
Póde aformosear hum campo immenso.
Fallaz, e sem sabor magnificencia,
Cahe ante esta arte, e por milagre della
A cara Patria minha se transforme
Toda em vasto jardim, n’um Eden novo!
Se não ousas tentar esta carreira,
Ao menos, franqueando o teu circuito,
De aspectos opulentos o engrandece.
De hum valle, hum serro, huns agradaveis longes
Ajunta posse alhêa á posse tua:
Rege c’oa vista, pelos olhos gosa.
Os varios, favoraveis accidentes,
Com que innumeros campos se distinguem,
Une principalmente a teus plantios.[1]
Aqui jaz hum lugar, que cingem bosques,
Acolá torreões Cidades croão,
E a grimpa azul, ferindo ao longe os olhos,
Vai sumir pelos Ceos o agudo extremo.
Hum rio omitirei, e as margens suas?
Após fugazes vélas corre a vista.
Ilhas ás vezes sahem do vitreo seio,
Ponte arqueada outr’hora o furta aos olhos.
Se os mares espaçosos descortinas,
Offrece, mas varía a grave scena.
Mal se divise aqui por entre as folhas,
Huma abóbada além, qual no remate
De tubo extenso, aos olhos o apresente
Em fundo de odoriferas latadas;
Nas voltas de florente bosquezinho
Aqui se encontra o mar, alli se perde:
Eis sùbito apparece em toda a sua
Fervente, rugidora immensidade.
Folgue a attenção nestes semblantes vários;
Mas com mesquinhas mãos (cumpre que o diga)
Os Homens, Natureza, o Tempo, as Artes
Nos cercão de tão ricos accidentes.
Oh Planicies da Grecia! Ausonios Campos!
Lugares divinais, inspiradores,
Sempre caros ao genio! Ah! quantas vezes
Embebido n’um mágico horisonte,
O pintor vê, se inflamma, e toma o lapis,
E debuxa esses longes, essas ilhas,
Esse pégo, esses portos, esses montes,
Torrados de volcões, e já fecundos;
As lavas delles, que ameação, fervem,
Palacios, que em ruinas de outros surgem,
Hum novo Mundo que do velho assoma
Nestes de Terra, e Mar longos tormentos.
Ah! Eu inda não vi essa risonha,
Essa encantada estancia, onde mil vezes
Soou do Mantuano a voz divina,
Mas, pelo Vate, pelo Vate o juro,
Heide, Apenino, transcender teus cumes,
E cheio do seu nome, e de seus versos,
Lêlos naquelles amorosos sitios,
Sitios, cópia do Ceo, que os inspirárão.
De encantadoras margens namorado,
Por fóra ingratos campos tens sómente
Em vez de aspectos que interessem a alma?
De estranha vista, que atedía o gosto,
Vinguem-te objectos de mais bella escolha.
Aprende a deleitar-te em teu recinto,
Sê o emblema do Sabio independente,
Que entra em si mesmo, e que se apraz comsigo.
Nesse asylo fiel nos entranhemos.
Todavia em lugares onde a Terra
De aspectos variados mais abunde,
Os thezoiros da vista he bem que poupes,
E seja leve gyro o custo delles.
A arte os prometta, os olhos os esperem;
Dá quem promette, quem espera goza.
Releva, que enfeitices, não que assombres.
Entre minhas lições tambem quizera
Duas artes de effeitos encontrados:
Huma os olhos adverte, outra os saltêa.
Mas antes de dictar preceitos novos,
Dois generos, ha tempo émulos ambos,
Disputão nossos vótos. Hum presenta
De regular desenho a ordem grave,
Aos campos dá bellezas que ignoravão,
De pompa desusada os atavia,
E ás arvores poem leis, põe freio ás ondas;
Brilha entre Escravos, Déspota orgulhoso:
He mais em magestade, em riso he menos.
Da Natureza respeitoso Amante,
O outro lhe ajusta comedido enfeite,
Trata benignamente os feiticeiros
Caprichos seus, o seu desleixo nobre,
O passo irregular, e extrahe com arte
Lindezas da desordem, té do acaso.
Cada qual tem seu jus, nenhum se exclua;
Entre Kent, e le Notre eu não decido.
Ambos tem leis, tem graças: hum creou-se
Para Grandes, e Reis: oh Reis! oh Grandes,
Sois á magnificencia condemnados.
Em torno a vós o esforço, o extremo, o apuro
De alto poder se espera; alli queremos
Que em prodigios, o luxo, o gosto, as artes
Excitem pasmos, embriaguem vistas.
Rebelde a Natureza á Industria cede;
Mas deve grão triunfo honrar a Industria;
Ella em seu esplendor tem seus direitos,
He huma usurpadora, e lhe compete
Á força de grandeza obter desculpa.
Longe, pois, os Jardins desengenhosos,
Insulsa Estancia, de que o Dono insulso
As arvores garridas fôfo exalta.
Os pequenos salões bem decotados,
A extrema symmetria escrupulosa,
Passeios, onde nunca solitaria,
Alameda não ha, que irmãa não tenha;
Caminhos degostosos, enjoados
Da obediencia ao cordel, os seus canteiros
Bordados, e os seus tenues fios de agua;
Das arvores algumas torneadas
Em vasos, em pyramides, em globos,
E alçados bem na base os Pastorinhos.
Gabe o seu luxo pobre: eu anteponho
Hum campo bruto a seu jardim tristonho.
Distante destes minimos portentos,
Segue meu vôo á patria dos prestigios,
Vê Versailles, Marly, pomposos, lédos,
Onde Luiz, e a Natureza, e a Arte
Em tanta cópia desparzirão graças.
Que afoito resplandece alli o engenho!
Alli tudo he grandeza, he tudo encanto,
São de Alcina os jardins, de Armida os Paços,
Antes os de hum Heróe, que inda procura
Vencer, domar obstaculos, sublime
Em seu retiro, em seu repouso, e sempre
Caminha, de milagres circundado.
Aquellas aguas vês, a terra, os bosques?
Submettidos tambem, seu jugo adorão.
Das arvores á verde arquitectura
Olha com que elegancia estão cazados
De fórma singular Palacios doze!
Vê bronzes, que respirão, vê correntes
Que, soltas da repreza, esbravejando,
Em grossos borbotões de fofa espuma
Cahem, e se estendem por canaes soberbos;
Em lustrosa espadana além se espalhão,
Em pavêas brilhantes cá se elevão,
E nos benignos ares incendidas
De hum sol immaculado, eis chovem gotas
Côr de oiro, de safira, e de esmeralda.
Selvas, por onde absorto me extravio,
Os Sátyros, os Faunos vos povoão,
Em vós Diana influe, e Citheréa;
He cada bosquezinho em vós hum Templo,
Cada mármore hum Deos. Luiz, folgando
Do pezo marcial, do horror da Guerra,
Como que nesta, a Jove idónea Estancia,
Convida todo o Olympo a seus festejos.
Nestes grandes effeitos he que importa
Que a arte se esmere, avulte, e brilhe, e encante.
Facilmente porém o assombro péza.
Louvo o Orador que erguidos pensamentos
Na luz, na pompa, na cadencia envólve,
Mas he curto prazer, e o deixo, e corro
A escutar corações na voz de amigos;
Mármores, bronzes, que alardêa o luxo,
Arte ostentosa em breve os olhos cança.
Mas as correntes, o arvoredo, as sombras,
Este luxo innocente, ah! não fatiga,
Não fatiga jámais. Deos mesmo aos homens
Traçou este modélo. Atenta em Milton.
Quando essa eterna Mão, que rege tudo,
Aos primeiros Mortais guarida aprésta,
Regulares caminhos abre acaso,
Talvez cativa na carreira as ondas?
De improprias, de forçadas vestiduras
Cobre a infancia do Mundo, a Primavera
Recemnascida? Não, sem arte alguma,
E sem constrangimento, a Natureza
Estreou, exhaurio delicias puras,
Delicias puras, que nem ha na idéa.
O misto amavel de planicie, e monte,
Livres, e mollemente errando as aguas,
Veredas tortuosas, e indecisas,
Gratas desordens, novidades gratas,
Aspectos, onde os olhos mal sabião
Escolher, preferir, tudo alongava,
Entretinha o prazer na variedade.
Sobre viçoso esmalte aveludado
Mil arvores, mil plantas, mil arbustos,
Destes lugares ondeante adorno,
Iman da vista, do sabor, e olfato,
Em grupos elegantes, movediços,
Em natural, dispersa negligencia,
Já se fugião, já se avisinhavão.
Seu brando movimento ao longe ás vezes
Inopinada scena aos olhos dava;
Ou com pendor gentil curvando a rama,
Aos passos vinhão pôr suave estorvo;
Ou sobre as frontes em festões pendião,
Ou, na passagem, lhe entornavão flores.
Lindos Bosques direi de tenras plantas,
Em latadas, e abóbadas travando
Troncos florentes, e florentes braços?
Lá de imaginações, queridas, ternas,
Cheios a mente, o coração, e os olhos,
Deo Eva ao bello Amante a mão mimosa,
E córou como a Aurora ás portas de oiro.
A Natureza toda os afagava,
O Céo c’o a luz, com seu murmureo as ondas;
Tremendo a Terra, lhes sentia os gostos;
Favonio aos écos os suspiros dava;
O Arvoredo rugia, e curva a Rosa,
Cedia ao tóro seus perfumes todos.
Oh ventura inefavel, Par tranquillo!
Feliz quem, como vós, nos seus amados,
Bonançosos jardins, longe dos males
Que a Soberba atormentão, vive rico
De flores, frutos, innocencia, e gosto!
FIM DO CANTO PRIMEIRO.